Affaire Brahim Saadoun : le président de la Douma veut la peine de mort

17 juin 2022 - 12h40 - Monde - Ecrit par : G.A

L’affaire du jeune combattant marocain condamné à mort par la Cour suprême de la République populaire de Donetsk continue de susciter des réactions. Pendant que les associations des droits de l’homme appellent le président Poutine à intervenir pour épargner la vie de Brahim Saadoun, le président de la Douma demande l’exécution de la peine prononcée.

Tous les espoirs pour que Brahim Saadoun retrouve la liberté s’éloigne de jour en jour. « La peine de mort est la punition que ces fascistes méritent », a déclaré Viatcheslav Volodine, président de la Douma, chambre basse du Parlement russe, indique le média russe The Moscow Times.

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Selon le parlementaire russe, il serait « juste » de conserver la peine capitale dans la République séparatiste de Donetsk car « c’est particulièrement pertinent dans des conditions de guerre », a-t-il déclaré sur Telegram.

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Le jeune combattant marocain a été condamné à mort, de même que deux Britanniques pour leur engagement dans l’armée ukrainienne, suite à un procès « rapide » qui a eu lieu le 9 juin dernier. Alors que certains comme le président du parlement russe applaudissent le verdict, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme estime que les procès au cours desquels ces trois combattants ont été condamnés, constituent des crimes de guerre.

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Lundi soir, l’ambassade du Maroc à Kiev s’est prononcée sur l’affaire expliquant que Brahim Saadoun « a été capturé portant l’uniforme de l’armée de l’État d’Ukraine, en tant que membre d’une unité de la Marine ukrainienne » et qu’il « se trouve actuellement emprisonné par une entité qui n’est reconnue ni par les Nations unies ni par le Maroc ». Elle n’a ni condamné l’arrestation, ni le verdict du procès.

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La Russie fait partie des pays qui avaient recours à la peine de mort. Elle a dû revoir sa position après son adhésion en 1996 au Conseil de l’Europe. Mais avec son expulsion de ce Conseil, en réponse à la guerre en Ukraine, l’application de la peine capitale peut reprendre vie puisqu’elle est toujours inscrite dans le droit russe.

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