Les adolescentes marocaines face à la spirale de la violence

- 09h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Au Maroc, 70 % des adolescentes âgées de 15 à 19 ans ont subi une forme de violence au cours des douze derniers mois. Des chiffres alarmants révélés par le Haut-commissariat au plan (HCP) dans son rapport publié le 25 mars 2025.

Ces données proviennent de l’enquête nationale sur la violence à l’encontre des femmes et des hommes. Selon cette étude, le phénomène prend des proportions alarmantes dans le royaume. Près de 60 % des adolescentes marocaines subissent en silence des violences dans le cadre domestique (violences conjugales, familiales ou économiques). Un quart des filles interrogées en ont été victimes dans le milieu éducatif, dont 22,8 % en zone urbaine et 34,9 % en zone rurale.

Dans la plupart des cas (harcèlement, menaces, humiliations, agressions sexuelles), les agresseurs sont des camarades (62 %) ou des enseignants (31 %). Ces violences poussent les jeunes filles à abandonner l’école, note le rapport, révélant en outre que près de 282 000 jeunes filles âgées de 15 à 19 ans ont été victimes de violence électronique, soit 29,4 %. Cette nouvelle forme de violence silencieuse se manifeste généralement sur les réseaux sociaux, dans les messageries ou les jeux en ligne. Les filles issues de foyers dirigés par des femmes ou insérées dans le monde professionnel sont les plus exposées.

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L’étude révèle aussi que 42 % des filles ont été victimes de violence physique ou sexuelle durant leur enfance. Les parents, les pères en l’occurrence, sont pointés du doigt. De même, souligne le HCP, 63,2 % des filles mariées ou divorcées se sont mariées avant 18 ans. En milieu rural, elles sont 67,2 %. Des chiffres qui montrent que le phénomène du mariage des mineures a la peau dure au Maroc. L’avenir des adolescentes marocaines sont ainsi sacrifiées, au nom de logiques sociales ou économiques.

Pour environ 40 % des jeunes femmes, la violence conjugale est une affaire du couple, tandis que 18,4 % estiment qu’il faut la subir en silence pour préserver l’harmonie de la famille. Ces pressions sociales constituent un obstacle majeur à la libération de la parole et à la prise en charge des victimes. Par ailleurs, le rapport relève un risque de violence moindre si la femme jouit d’une autonomie financière. Les filles salariées ou exerçant une activité génératrice de revenus sont moins exposées à ces violences. Face à ce phénomène grandissant, une synergie d’actions est nécessaire pour élargir la sensibilisation aux plus jeunes et lutter contre les stéréotypes de genre.

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