33 ans sans reconnaissance : la Marocaine que l’Espagne ne voit pas

- 10h00 - Espagne - Ecrit par : Bladi.net

Si la frontière sud de l’Espagne est souvent perçue comme un symbole des difficultés rencontrées par les migrants, de nombreux autres affrontent un obstacle tout aussi difficile : la bureaucratie. Pour obtenir un permis de séjour, il faut souvent attendre des années, sauf en de rares occasions où l’État accélère la procédure pour des raisons humanitaires.

Le cas d’Amira est particulièrement frappant. Cette Marocaine de 47 ans vit à Sebta depuis son enfance. Malgré une dizaine de demandes, la résidente reste invisible pour l’administration espagnole depuis presque 33 ans, selon l’ONG No Name Kitchen, citée par Cadenaser.

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Fuyant une « enfance violente » à Marrakech, Amira est arrivée à Ceuta à 14 ans, attirée par la présence de sa sœur qui y résidait. Faute de papiers, elle n’a jamais été scolarisée et a dépensé plus de 7 000 euros en avocats, dont l’un l’a arnaquée après avoir encaissé une somme considérable.

Malgré ses tentatives et celles de ses employeurs, toutes ses demandes de régularisation ont été rejetées par l’administration. « À chaque fois que je vais à l’immigration, on me dit que je n’existe pas à Ceuta », déplore Amira.

Son quotidien est marqué par des défis et des craintes constantes. Elle gagne moins de 500 euros par mois, travaille au noir, et a peur d’être renvoyée au Maroc. « J’ai peur de retourner à l’enfer d’où je viens », confie-t-elle.

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Celia Martín, du projet No Name Kitchen à Ceuta, pointe du doigt les difficultés rencontrées pour demander l’asile ou un rendez-vous au service d’immigration. Les créneaux de réservation ne sont disponibles que brièvement et rarement, piégeant ainsi de nombreuses personnes.

Vivant dans la peur d’une expulsion vers le Maroc, Amira, qui n’a aucun droit à la santé, paye une assurance privée malgré son faible salaire de moins de 500 euros mensuels. Elle n’a pas non plus renouvelé son passeport, un document essentiel pour ses démarches, par crainte de ne pas pouvoir revenir à Ceuta.

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