L’avocat de Brahim Ghali veut avoir les preuves de l’implication du Maroc dans les poursuites judiciaires

11 juin 2022 - 11h20 - Espagne - Ecrit par : A.P

L’avocat de Brahim Ghali, Manuel Ollé, a demandé à la Haute cour nationale de mettre à sa disposition les deux rapports des services de renseignements espagnols (CNI) de mai et juin 2021, dans lesquels il serait indiqué que les plaintes déposées contre le leader sahraoui pour des crimes présumés de torture et d’enlèvement, proviendraient des services de renseignements marocains.

La procédure judiciaire contre Brahim Ghali a été ouverte par la plainte de Fadel Breica, un dissident sahraoui, arrêté en 2019 à Tindouf, qui a déclaré avoir été torturé par le Front Polisario. Selon les deux « rapports confidentiels » du CNI, datés des 18 mai et 24 juin 2021, auxquels Publico a eu accès, « les services de renseignement marocains ont activé une double stratégie » judiciaire et médiatique afin de « harceler » Ghali et de provoquer son arrestation, et de « faire pression sur le gouvernement espagnol pour qu’il modifie sa position sur le Sahara en faveur du Maroc ».

À lire : Espagne : fin de l’affaire Brahim Ghali

Les deux rapports ont été rédigés en pleine crise diplomatique entre le Maroc et l’Espagne. Dans le premier, en date du 24 mai 2021, le CNI a informé le président Pedro Sanchez et plusieurs membres de l’Exécutif que « Breica était membre de l’Initiative sahraouie pour le changement (ISC) et a ensuite intégré le Mouvement sahraoui pour la paix (MSP), qu’il « a probablement déménagé à Tindouf en 2019 suite aux instructions du Maroc afin de provoquer l’arrestation du leader du Front Polisario ». Des allégations rejetées par Breica et Hach Ahmed, président du MSP, niant avoir des relations avec les services de renseignement marocains.

À lire : Sahara : Brahim Ghali condamne la « trahison » de l’Espagne

« L’objectif stratégique du Maroc était d’influencer les médias pour tourner l’opinion en sa faveur et discréditer le Front Polisario », indique le second rapport de juin 2021, qui a alerté le gouvernement espagnol des intentions du gouvernement marocain d’utiliser l’entrée de Ghali pour faire pression sur lui afin qu’il adopte une position plus favorable dans le conflit au Sahara. Dans une lettre datée du 14 mars 2022 et rendue publique le 18 mars par le Maroc, le gouvernement espagnol a exprimé au roi Mohammed VI, le soutien de l’Espagne au plan marocain d’autonomie Sahara, considéré comme « la base la plus sérieuse, crédible et réaliste pour résoudre le conflit ».

Sujets associés : Espagne - Droits et Justice - Tindouf - Brahim Ghali

Aller plus loin

Crise Maroc-Espagne : Brahim Ghali « regrette profondément »

Le leader du Front Polisario, Brahim Ghali, dit regretter « profondément » la crise générée par son entrée en Espagne en avril dernier pour des raisons sanitaires. Il dénonce...

Espagne : Brahim Ghali a bien été admis à l’hôpital sous une fausse identité

La police espagnole, sur ordre du juge en charge de l’affaire Ghali, a interrogé l’employée qui a vérifié l’identité du leader du Front Polisario avant son admission à l’hôpital...

Espagne : le ministère de l’Intérieur pas informé de l’arrivée de Brahim Ghali

Le directeur adjoint des opérations de la police espagnole a assuré, lors de sa comparution devant le juge en charge de l’affaire Ghali, que le ministère de l’Intérieur n’était...

Affaire Ghali : le parquet ne veut pas des rapports du service de renseignement espagnol

Le parquet de la Haute cour nationale ne souhaite pas que le Centre national de renseignement (CNI) transmette à la cour une copie des rapports confidentiels sur le Maroc et...

Ces articles devraient vous intéresser :

Le Polisario dit « accepter la paix » mais ne veut pas « déposer les armes »

Le Front Polisario a déclaré qu’il est pleinement engagé pour une paix juste, mais aussi pour la défense, par « tous les moyens légitimes », du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Au Maroc, le mariage des mineures persiste malgré la loi

Le mariage des mineures prend des proportions alarmantes au Maroc. En 2021, 19 000 cas ont été enregistrés, contre 12 000 l’année précédente.

Accusé de viol, Achraf Hakimi se sent « trompé et piégé », selon ses proches

Achraf Hakimi a été mis en examen vendredi pour viol. Le défenseur marocain du Paris Saint-Germain (PSG), qui nie les faits, est soutenu par sa famille et son club. Selon ses proches, il dit se sentir « trompé ».

La justice confirme l’amende de 2,5 milliards de dirhams contre Maroc Telecom

Le recours de Maroc Telecomcontre la liquidation de l’astreinte imposée par l’agence nationale de régulation des télécommunications (ANRT), a été rejeté par la cour d’appel de Rabat.

Grosse amende pour Maroc Telecom

L’Agence nationale de règlementation des télécommunications (ANRT) a récemment notifié à Maroc Telecom une nouvelle sanction en lien avec l’affaire de dégroupage dans laquelle elle a été condamnée en 2020. Elle va devoir payer 2,45 milliards de...

Les avocats marocains passent à la caisse

Les avocats marocains doivent désormais s’acquitter d’une avance sur l’impôt sur le revenu ou sur les sociétés au titre de l’exercice en cours auprès du secrétaire–greffier à la caisse du tribunal pour le compte receveur de l’administration fiscale....

Maroc : 20 affaires de détournement de fonds publics devant la justice

Le président du ministère public a été saisi par le procureur général du Roi près la Cour des comptes de 20 affaires de détournement de deniers publics au titre de l’année 2021.

Plaidoyer pour l’abolition de la peine de mort au Maroc

La lutte contre l’abolition de la peine capitale est toujours d’actualité au Maroc. En témoigne la récente participation des réseaux et militants marocains contre la peine de mort, à la 8ᵉ édition du congrès mondial qui s’est tenu à Berlin du 18 au 25...

Redressement fiscal : Sound Energy fait appel

La compagnie gazière britannique Sound Energy annonce avoir fait appel devant le tribunal administratif, en vue de contester le redressement fiscal mené en 2020 par l’administration générale des Impôts, qui lui a réclamé 2,55 millions de dollars d’impôts.

Réaction de la mère d’Achraf Hakimi après les accusations de viol

La mère du latéral droit marocain du PSG, Achraf Hakimi, a réagi aux accusations de viol portées par une femme de 24 ans contre son fils. Cette semaine, le joueur a été mis en examen par la justice.