Canada : les jeunes arabes réticents à porter plainte pour des questions de profilage racial

18 décembre 2022 - 19h00 - Monde - Ecrit par : S.A

Au Canada, les jeunes arabes victimes de profilage racial sont réticents à porter plainte contre les autorités policières en raison du manque de confiance dans la justice.

« Moi, ce que j’entends dire autour de moi, c’est que le fait de porter plainte, ça ne va rien donner », déclare Abdelhaq Sari, d’origine marocaine, qui est conseiller de Ville du district de Marie-Clarac, dans l’arrondissement de Montréal-Nord, et par ailleurs vice-président de la Commission de la sécurité à la Ville de Montréal, dans une interview accordée à Métro. Itzak (nom fictif), 24 ans, livreur de pizza d’origine maghrébine à Montréal, raconte : « Une fois, je me suis fait interpeller par une policière qui m’a dit que je n’avais pas ma ceinture, alors que je l’avais bien. Elle m’a donné un ticket de plus de 300 $ et trois points d’inaptitude. » Il n’a pas porté plainte contre la policière parce que la procédure de plainte demande, selon lui, du temps et de l’énergie, et parce qu’il ne fait pas confiance au système judiciaire. « Je ne crois pas que je vais gagner et je n’ai pas le temps pour cela. Cela devient une habitude pour moi. », dit-il.

À lire : Le racisme institionnel aux Pays-bas, notamment envers les Marocains, dénoncé

Le Centre de recherche action sur les relations raciales (CRARR), un organisme de défense des droits des victimes de profilage dit n’avoir connaissance de plaintes de jeunes arabes contre les autorités pour des questions de profilage racial. « Je dirai que d’après nos expériences, il n’y a pas de plaintes des jeunes de la communauté arabo-musulmane. Dans nos données, nous n’avons aucun jeune arabo-musulman en bas de 25 ans qui a porté plainte pour des questions de profilage racial », affirme Fo Niémi, directeur général du CRARR. Or, ils ont bien des motifs pour porter plainte. Selon le rapport Armony-Hassaoui-Mulone sur les interpellations policières à Montréal, paru en 2019, les jeunes arabes de 15 à 24 ans ont en moyenne quatre fois plus de chances que les jeunes blancs du même âge d’être l’objet d’une interpellation.

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Canada - Droits et Justice - Racisme - Plainte - MRE

Aller plus loin

Charleroi : des professeurs marocains victimes de racisme à l’école dénoncent

Harcèlement, xénophobie et racisme sont devenus le calvaire quotidien des professeurs et surveillants d’origine arabe ou maghrébine dans une école publique de Charleroi en...

Le racisme envers les Marocains continue en Espagne, le cas de Saad Belhaj

Les discriminations raciales continuent en Espagne. Le cas de Saad Belhaj, un jeune marocain à qui il a été refusé une colocation à cause de son origine, ramène sur le tapis ce...

L’ampleur du racisme en France inquiète le Conseil de l’Europe

Le Conseil de l’Europe est préoccupé par l’ampleur avec laquelle « la banalisation du discours de haine » gagne du terrain, fustigeant la persistance des contrôles d’identité à...

Le racisme institionnel aux Pays-bas, notamment envers les Marocains, dénoncé

Aux Pays-Bas, les étrangers dont ceux issus de la communauté marocaine, ont souvent dénoncé la discrimination et le racisme au sein de l’administration et même dans le milieu...

Ces articles devraient vous intéresser :

Le MRE a-t-il le droit de vendre sa voiture au Maroc ?

Le Marocain résidant à l’étranger (MRE) a tout à fait le droit de vendre son véhicule lors de ses vacances au Maroc. Nous parlons, ici, de la période de l’admission temporaire de 6 mois, autorisée par les services de la Douane. Deux situations se...

Ramadan : point sur la délégation d’accompagnement religieux des MRE

Le nombre de personnes composant la délégation chargée de l’accompagnement religieux des Marocains résidant à l’étranger en ce mois de ramadan est connu.

Opération « Marhaba 2023 » : 538 traversées maritimes hebdomadaires prévues

Le Maroc se prépare déjà pour l’opération « Marhaba 2023 » qui vise à accueillir les membres de la communauté marocaine vivant à l’étranger. Mohamed Abdeljalil, ministre du Transport et de la logistique, a annoncé cette nouvelle devant la Commission...

Tranferts records des Marocains du monde

Malgré une conjoncture économique difficile liée à la tension russo-ukrainienne, les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) devraient augmenter de 12,9% cette année pour dépasser les 105 milliards de dirhams, selon Bank Al-Maghrib (BAM).

Opération Marhaba : les chiffres de l’année dernière largement dépassés à Algésiras

Depuis le lancement de l’Opération Passage du Détroit (OPE) le 15 juin dernier, près de 275 000 passagers et 68 000 véhicules ont embarqué depuis les ports espagnols en direction du Maroc d’après les données fournies par la Protection Civile espagnole.

Maroc : vers l’égalité des sexes dans les contrats de mariage

Le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a réaffirmé son engagement en faveur de l’égalité entre les sexes lors de la conclusion de contrats de mariage et autres actes juridiques.

Emmanuelle Chriqui : Une voix marocaine contre l’antisémitisme

À l’heure où la guerre fait rage entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, l’actrice canadienne d’origine marocaine Emmanuelle Chriqui dénonce le déferlement d’antisémitisme.

Haine envers les Marocains : prison ferme prononcée par la justice

Le parquet de Valence spécialisé dans les délits de haine a requis trois ans de détention contre un homme accusé de diffusion d’informations mensongères sur les réseaux sociaux ciblant les musulmans, notamment Marocains.

« Comment sortir du monde ? », le premier roman poignant de Marouane Bakhti

« Comment sortir du monde ? » C’est le titre du tout premier roman du Franco-marocain Marouane Bakhti, paru aux Nouvelles Éditions du réveil en mars 2023. Il y raconte la vie, telle qu’elle vient, dans une famille biculturelle. Un récit éblouissant.

Un ancien ministre interdit de quitter le Maroc après ses propos sur le roi Mohammed VI

Les autorités marocaines ont interdit à l’ancien ministre Mohamed Ziane de quitter le royaume, après ses déclarations contre le roi Mohammed VI dont il dénonçait l’absence prolongée.