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Catherine Graciet : « J’ai eu un moment de faiblesse, c’est humain non »

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31 août 2015 - 22h30 - Monde

Dans une longue interview accordée au journal Le Parisien, la journaliste Catherine Graciet est revenue sur l’affaire dite du « chantage contre Mohammed VI » et son rôle lors des rencontres avec le représentant du « Palais », l’avocat Hicham Naciri.

D’emblée, la journaliste réfute toute idée de chantage. « Je n’ai jamais voulu faire chanter qui ce soit. Je suis tombée dans un piège », affirme-t-elle, expliquant que « dans cette histoire » c’est le Palais qui « propose, c’est le Palais qui corrompt ». Pour Graciet, le Maroc a voulu se débarrasser de quelqu’un de gênant, quelqu’un qui, depuis dix ans, vit sous pression des services de sécurité marocains, insultée, photographiée et menacée de mort sur les réseaux sociaux.

Parlant d’un « livre apocalyptique » car les deux journalistes ont décidé de travailler sur la « famille royale, ses querelles, son train de vie … » Graciet avoue que l’enquête était difficile et qu’il était question de commencer l’écriture du livre pour une parution prévue au premier semestre 2016, mais comme le risque de « diffamation » était évident, selon elle, il fallait donner la parole au Palais, ce qu’a fait Eric Laurent, le 23 juillet dernier, en appelant le cabinet royal, pour solliciter un entretien.

A son retour de vacances, Eric Laurent lui fait part, dit-il, d’une « proposition de trois millions d’euros » transmise par l’avocat du Palais pour la non-parution de ce livre, de même qu’une nouvelle rencontre doit avoir lieu le 21 août à laquelle elle ne participe pas. Durant l’entretien entre les deux hommes, la nouvelle proposition est encore mise sur la table, soutient la journaliste au Parisien, et que l’avocat du Palais tient à sa présence lors de la prochaine rencontre prévue le 27 août.

« J’ai eu un accès de faiblesse... C’est humain, non ? »

Catherine Graciet raconte ensuite sa version de la rencontre avec l’avocat du Maroc. Elle s’y rend, raconte-t-elle, car elle n’arrive pas à croire que l’avocat du roi soit là« en personne, à prendre un tel risque ». Disant se méfier et pensant à une tentative de corruption, elle se rend tout de même à cette rencontre pour « obtenir des réactions, même en off, par rapport aux affaires évoquées dans le livre. »

Durant la rencontre, l’avocat aurait réitéré la même proposition, affirme-t-elle, avouant que si elle acceptait cette somme, cela changerait sa vie. Puis elle se laisse tenter… « J’ai eu un accès de faiblesse... C’est humain, non ? »

La suite, nous la connaissons tous. Un protocole d’accord est signé, les deux journalistes partent avec 40.000 euros chacun et sont ensuite arrêtés par la police pour « chantage et extorsion de fonds… »

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