Élève exclue pour port d’abaya : un père en garde à vue

- 14h00 - France - Ecrit par : S.A

Visé par une plainte, le père d’une élève en abaya du lycée Ambroise-Brugière à Clermont-Ferrand, a été arrêté puis placé en garde à vue.

Tout est parti du refus de l’accès d’une élève en abaya au lycée Ambroise-Brugière à Clermont-Ferrand, en vertu des directives nationales. Le proviseur de l’établissement avait reçu le père de la lycéenne, en début de semaine, fait savoir La Montagne. Jeudi, le lycée a refusé d’admettre en cours la même élève pour le même motif. Quelques minutes plus tard, une conversation téléphonique a eu lieu entre son père et un agent puis un conseiller principal d’éducation. Selon ses interlocuteurs, il aurait proféré des menaces de mort qui visaient le proviseur. Alertée par la hiérarchie de l’Éducation nationale, une plainte a été déposée contre le père de la jeune fille. Celui-ci a été arrêté puis placé en garde à vue au commissariat de Clermont-Ferrand. Il risque d’être poursuivi en justice.

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Avant la rentrée scolaire, Gabriel Attal, ministre de l’Éducation nationale a donné des consignes aux personnels de l’Éducation nationale pour interdire le port de l’abaya à l’école. Son collègue de l’Intérieur, Gérald Darmanin a demandé aux forces de l’ordre de se porter au soutien de ces personnels qui se sentiraient « menacés » en voulant faire appliquer l’interdiction. Mardi, le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, a appelé, dans une directive publiée, à « une réponse pénale très réactive » en cas de manquement au principe de laïcité dans les écoles.

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Saisie en urgence par l’ADM (Action Droits des musulmans), une association qui dénonçait la mesure parce qu’elle porte « atteinte aux droits de l’enfant, car elle vient viser principalement les enfants présumés musulmans, créant ainsi un risque de profilage ethnique à l’école », le Conseil d’État a rendu sa décision jeudi. Le port de l’abaya « s’inscrit dans une logique d’affirmation religieuse », a estimé le juge des référés. Son interdiction « ne porte » donc « pas une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie privée, à la liberté de culte, au droit à l’éducation et au respect de l’intérêt supérieur de l’enfant ou au principe de non-discrimination », a-t-il ajouté, validant ainsi la décision du ministre.

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