France : les élèves en abayas et qamis inquiètent l’Education nationale

13 octobre 2022 - 16h40 - France - Ecrit par : G.A

Depuis le début de l’année scolaire en France, il y a une « augmentation des faits d’atteinte au principe de laïcité » dans les écoles, collèges et lycées, notamment pour « port de signes et tenues religieux ».

Selon le ministre de l’Éducation Pap Ndiaye, il s’agit essentiellement du « port de vêtements ou d’accessoires de nature religieuse », tels que les abayas (robes amples et longues arrivant sous les chevilles) et les qamis (vêtement long pour les hommes), dans les écoles, collèges et lycées. Les données dont il dispose font état de 313 faits d’atteinte à la laïcité signalés depuis septembre contre 904 sur le trimestre avril-juillet, et 635 entre décembre et mars. « 82 % des personnes concernées pour ces faits sont des élèves, et 8 % sont des personnels de l’Éducation nationale et 5 % des parents d’élèves », rapporte BFMTV.

À lire : Voile à l’école : génération TikTok

Il y a également les publications sur les réseaux sociaux tels que Twitter et Tiktok, de courtes vidéos encourageant le port de signes religieux qui enveniment davantage la situation. Pap Ndiaye déplore ces « conseils que certains influenceurs mal intentionnés donnent aux adolescents pour déjouer la loi », en utilisant certains vêtements sans connotation religieuse pour se couvrir. Mais « la République est plus forte que TikTok », a prévenu le ministre.

À lire : France : plus de la moitié des élèves pour le port des signes religieux au lycée

Pour certaines lycéennes interrogées par BFMTV, le port des abayas n’a rien de religieux. « Le port de l’abaya ne se rapporte pas à la religion mais s’apparente plutôt à la tradition, ou à l’envie réelle de mettre des vêtements couvrants », expliquent certaines d’entre elles. Elles se réjouissent que le lycée les laisse porter ces vêtements qui n’étaient pas autorisés l’année dernière.« J’ai toujours été plus à l’aise couverte que dénudée », explique une autre. « Cela n’a rien de religieux, moi je préfère une personne avec des abayas qu’une personne qui va mettre des crop-top ou des minis-shorts », déclare une autre lycéenne.

À lire : France : une mission sur les actes antireligieux

Pour le personnel administratif, difficile de savoir ce qui est vêtement religieux ou non. « Comment voulez-vous que même les jeunes s’y retrouvent, savoir que dans tel lycée ce n’est pas permis, et que dans tel autre à 100 mètres c’est autorisé », s’interroge Marianne Dodinet, du syndicat indépendance et direction FO, proviseure de lycée à Paris. « C’est cela la difficulté, on ne peut pas laisser à l’appréciation locale le fait de choisir : c’est une tenue religieuse interdite ou ce n’est pas une tenue religieuse ? », interroge-t-elle.

À lire : Port du voile : la France a violé les droits de l’homme

Sur la question, le ministre Pap Ndiaye relève quelques nuances. « La loi est parfaitement claire. Il y a des signes religieux qui le sont par nature : un voile, une kippa ou une grosse croix. Et puis, il y a les signes religieux par destination, qui peuvent le devenir par une intention que leur prête leur auteur […] C’est pourquoi les chefs d’établissement doivent regarder précisément les signes ostensibles ».

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : France - Religion - Education - Islam

Aller plus loin

Port du voile : la France a violé les droits de l’homme

L’interdiction du port de voile à une femme lors d’une formation continue organisée dans un lycée en France, est une violation du Pacte international relatif aux droits civils...

Le CFCM persiste et signe : « L’abaya n’est pas un vêtement musulman »

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a réaffirmé sa position sur le port de « l’abaya » à l’école, martelant que ce vêtement n’est pas « religieux ».

France : polémique autour d’une affiche sur le voile à l’école

« Oui, je vais en sortie scolaire, et alors ? ». Ces mots, écrits sur une affiche montrant une femme voilée accompagnée d’une jeune élève, ont provoqué en France, encore, une...

L’Islam visible, une hantise française ?

Haoues Seniguer, sociologue du politique à Science Po Lyon et auteur de La République autoritaire. Islam de France et illusion républicaine, s’exprime sur des prétendues «...

Ces articles devraient vous intéresser :

Voici la date de l’Aïd al-Adha 2023 au Maroc

Les calculs astronomiques indiquent que la fête de l’Aïd al-Adha 2023 sera célébrée au Maroc cet été. Quelle date retenir ?

Officiel : l’Aid Al Fitr en France ce vendredi

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) vient de confirmer la date de l’Aid al Fitr pour ce vendredi 21 avril 2023.

Après le séisme, le défi éducatif du Maroc sous les tentes

Après le puissant et dévastateur tremblement de terre du 8 septembre, les enfants marocains se rendent à l’école et reçoivent les cours sous des tentes. Certains ont du mal à s’adapter, tandis que d’autres tentent d’« oublier la tragédie ».

Aïd al-Adha : ruée de Marocains vers l’Espagne

Alors que de nombreux Marocains résidant à l’étranger (MRE) rentrent au Maroc pour y passer les congés de l’Aïd al-Adha, certaines familles marocaines font le chemin inverse.

Hijab et football féminin : Le Conseil d’État maintient l’interdiction

L’interdiction du port du hijab lors des compétitions de football féminin, qui est en vigueur depuis 2016, a été confirmée par le Conseil d’État jeudi.

Maroc : des centres pour former les futurs mariés

Aawatif Hayar, la ministre de la Solidarité, de l’intégration sociale et de la famille, a annoncé vendredi le lancement, sur l’ensemble du territoire du royaume, de 120 centres « Jisr » dédiés à la formation des futurs mariés sur la gestion de la...

Maroc : ils paient les dettes des plus pauvres

De jeunes Marocains, influenceurs, artistes et personnalités sont à l’origine d’une initiative visant à soutenir les familles dans le besoin en cette période de ramadan, mais aussi à les aider à éponger leurs dettes.

Hôtels au Maroc : la fin du certificat de mariage ne plaît pas à tout le monde

Au Maroc, la levée de l’exigence d’un certificat de mariage dans les hôtels est loin de faire l’unanimité. Alors que certains Marocains ont célébré cette évolution comme une étape vers plus de liberté personnelle et de vie privée, d’autres estiment que...

Quand débute le ramadan au Maroc ?

Le ministère des Habous et des Affaires islamiques va annoncer courant la semaine prochaine, la date de l’observation du croissant lunaire au Maroc, prévue le dimanche 29 Chaabane 1445 H après le coucher du soleil, correspondant au 10 mars 2024. Ainsi,...

Aïd al Adha au Maroc : l’appel à l’annulation monte sur les réseaux sociaux

Alors que certains Marocains appellent à l’annulation de la célébration de l’Aïd al-Adha sur les réseaux sociaux, d’autres tiennent au respect de cette tradition religieuse.