Que sont devenus les enfants de « Ali Zaoua »  ?

- 10h26 - Maroc - Ecrit par : L.A

« Ali Zaoua » a mis en exergue le vécu des enfants de la rue au Maroc. Zoom sur le présent des quatre enfants qui ont participé à l’interprétation de ce long-métrage.

« Ali Zaoua », une expérience inédite que Nabil Ayouch avait entreprise avec des enfants n’ayant aucune expérience dans le monde du 7ème art  ; une représentation crédible et spontanée du phénomène des enfants de la rue. Un phénomène social, à portée internationale, qui a été transcrit de façon émouvante et passionnante.

Le film a réussi à effacer tous types de clichés portés à l’égard de cette population juvénile. Des enfants aux visages défraîchis qui arpentent les artères des grandes villes. Abdelhak Zharya, Moustapha Hansali, Mounîm Kbab et Hicham Moussoune, quatre jeunes garçons ont excellé dans l’interprétation de ce vécu amer.

Un vécu qui, en quelque sorte, leur appartient. Une réalité qui relate les maux et la souffrance auxquels ils se sont exposés dès leurs jeunes âges. « Ali Zaoua » ne fut qu’un point de départ ; une mutation d’un univers enfantin dur à un conte de fées. Ils sont passés d’un monde d’errance et d’insécurité à celui de la célébrité.

Dix ans après sa sortie, que sont devenus les héros de « Ali Zaoua » ? Hicham Moussoune, plus connu sous le pseudo « Awina » de la sit-com marocaine « Lalla Fatima », a fait ses débuts dans « Ali Zaoua ». Ce jeune garçon a été pris en charge pendant plusieurs années par l’association « Bayti ». C’est à travers cette association que Hicham a pu établir le contact avec Nabil Ayouch. Il était l’unique enfant de l’association à décrocher un rôle dans le film. Après avoir réussi le casting, il incarna « Boubker », le benjamin des trois enfants démunis . En dépit de son jeune âge et son manque d’expérience, il a fidèlement accompli sa tâche et a su transmettre en toute fluidité les multiples contradictions du personnage qu’il lui a été attribué.

Après « Ali Zaoua », Hicham a choisi de continuer l’aventure avec l’équipe de Ayouch. Il a participé, pour trois saisons consécutives à « Lalla Fatima ». Après ces deux expériences inattendues, une nouvelle star est née. « Sincèrement je n’ai jamais prétendu être un artiste. D’ailleurs, si je l’avais envisagé, je ne pense pas que j’aurai pu atteindre ce degré de réussite », déclare Hicham à ALM. Avec son humour et son innocence captivante, Hicham alias « Awina » a fasciné le public marocain. Ses propos sont, jusqu’à présent, repris par les petits et les grands. Après « Ali Zaoua », « Lala Fatima » et « Lahdat Dalam » le film de Nabil Ayouch, « Awina » a disparu des écrans. Des échos de rupture entre le jeune garçon et Nabil Ayouch ont commencé à se répandre. Sans rancune, Hicham exprime sa gratitude. « Certes, j’ai arrêté de collaborer avec Nabil Ayouch, mais je lui suis reconnaissant. Grâce à son soutien, j’ai pu intégrer le domaine artistique », a-t-il précisé.

Le jeune homme n’a pas renoncé à l’artiste qui est en lui. Il a créé une troupe théâtrale à Meknès intitulée « Khit wa makhiet ». Cette expérience n’a pas duré longtemps, mais elle l’a initié à la réalisation de son premier « One man show ». « Actuellement je suis en train d’écrire en collaboration avec un ami Karim Wakrim mon premier spectacle. Ce dernier qui verra le jour prochainement se focalisera sur plusieurs sujets politiques », a-t-il affirmé. Hicham est autodidacte. Son expérience artistique l’a poussé à franchir d’autres domaines comme le marketing qu’il trouve indispensable pour la bonne gestion de ses projets artistiques.

Le petit héros de « Ali Zaoua » souhaite élargir sa carrière. Cependant, il reste entraver par les contraintes financières. « Je me bats pour m’afficher sur la scène artistique. Seul, je ne vais pas pouvoir tout assurer. Il me faut de l’aide, une personne qui pourra m’encourager matériellement pour mettre en œuvre mes projets », souligne Hicham.

Contrairement à « Awina », les trois jeunes garçons qui ont participé avec lui dans « Ali Zaoua » se sont éclipsés. Ayant contacté l’association « Bayti », Ahmed Azhar, le responsable qui a suivi la réalisation du long-métrage, a indiqué que Abdelhak, Mounîm et Moustapha qui vivaient à la rue avaient été pris en charge temporairement par l’association. Après le tournage, les trois enfants ont pu rentrer chez eux. Selon M. Azhar, le film a favorisé leur réinsertion au sein de leur famille et la société. « Les enfants ont disparu de la rue. C’est une chose favorable. D’après nos sources, nous avons été informés que deux des jeunes enfants ont suivi des formations en couture et cuisine ».

Quant à Abdelhak Zharya, qui a incarné Ali Zaoua, il a réussi, grâce à une indemnité d’accident de 25.000 Dhs, a monté un petit commerce à Fès avec un membre de sa famille. Cette fin semble plutôt rassurante pour un conte de fées. « L’île aux deux soleils », désirée par les quatre personnages du film, s’est convertie dans la réalité en un avenir serein et prometteur qui vient effacer une vie mouvementée pleine de ruptures.

Source : Aujourd’hui le Maroc - Mounir Siraj

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