Il explique pourquoi les jeunes fuient vers Ceuta : un imam marocain suspendu

- 06h00 - Maroc - Ecrit par : Said A.

Un prédicateur de Berkane a été suspendu après un sermon consacré à la citoyenneté et aux départs collectifs vers Ceuta. Il avait notamment appelé à s’interroger sur les raisons qui poussent des jeunes Marocains à vouloir quitter leur pays.

Saïd Tahiri, prédicateur de la mosquée Al-Ghofrane à Berkane, ne pourra plus prononcer le prêche du vendredi. Les services du ministère des Habous et des Affaires islamiques lui ont notifié sa suspension, rapporte le média Assahifa.

La décision serait intervenue après un sermon intitulé « La patrie et la citoyenneté entre droits et devoirs ». Le prédicateur y avait évoqué les récents passages collectifs vers Ceuta et le départ de milliers de jeunes Marocains, notamment lors de la traversée massive du 30 juillet.

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Saïd Tahiri aurait refusé de réduire ces départs à un manque d’attachement au Maroc. Selon lui, comprendre pourquoi des jeunes risquent leur vie impose également d’examiner leurs conditions quotidiennes et les perspectives qui leur sont offertes.

L’État, mais aussi les jeunes et leurs familles

Dans son sermon, le prédicateur a insisté sur la responsabilité des pouvoirs publics. Il a estimé que la lutte contre l’émigration nécessitait une amélioration de l’enseignement et de la santé, mais aussi la création d’emplois permettant aux jeunes de construire leur avenir au Maroc.

Ces propos font écho aux témoignages de jeunes partis vers Ceuta malgré un emploi au Maroc. Plusieurs ont expliqué leur départ par la faiblesse des salaires, le manque de perspectives ou le sentiment de ne plus pouvoir améliorer leur situation dans le royaume.

Le discours de Saïd Tahiri ne dédouanait toutefois pas entièrement les candidats au départ. Il a également appelé les jeunes et leurs familles à assumer leur part de responsabilité, estimant que les autorités ne pouvaient pas être tenues seules responsables du phénomène.

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La suspension lui aurait été présentée comme la conséquence d’un dépassement des règles encadrant le discours religieux et le prêche du vendredi. Le ministère des Habous et des Affaires islamiques n’a cependant pas encore communiqué publiquement sur cette décision ni confirmé officiellement les motifs précis reprochés au prédicateur.