Le rêve brisé en France de la Marocaine Amina Gassori

11 octobre 2022 - 07h00 - France - Ecrit par : G.A

La Marocaine Amina Gassori rêvait de devenir avocate mais l’installation de ses parents en France dans les années 1980, changera son destin. Aujourd’hui aide-soignante à l’hôpital Pasteur, elle a quand même trouvé le moyen d’aider les autres en s’investissant dans la vie des habitants de son quartier et en ouvrant sa porte à tous, surtout aux immigrés comme elle.

Amina Gassori n’était âgée que de 16 ans lorsqu’elle quitte avec sa mère Marrakech pour rejoindre son père en France, plus précisément à Dole dans le quartier Mesnils-Pasteur. « Mon père est venu en France pour travailler, il a choisi Dole pour faire ses papiers. Ma mère voulait le rejoindre, alors on est partis ». La jeune fille a eu du mal à s’adapter au changement, à se retrouver dans un autre pays, loin de ses rêves et de sa culture. « Au début, je n’acceptais pas d’être ici. J’avais mes études, mes repères. Je voulais devenir avocate », rapporte Le Progrès.

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Rongée par la soif de rentrer au Maroc, elle n’a pas pu progresser et a même abandonné ses études sanitaire et social à Pasteur. Mais soutenue par la Maison de jeunes et de la culture (MJC) de Dole, elle a pu passer son brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA), et a commencé par travailler comme animatrice « avec les enfants du quartier » et obtient son diplôme à Morbier. « Puis, je me suis mariée. Et pour la première fois, je suis rentrée au Maroc avec mon mari, en 1986 ».

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De son mariage naitront cinq enfants, un garçon et quatre filles. Mais sa vie bascule une seconde fois. « Mon mari est tombé malade. J’ai écrit une lettre pour travailler et j’ai été convoquée à l’Ehpad des Aberjoux ». Avant d’être embauchée comme assistante sociale hebdomadaire, elle a dû répondre à des questions qu’elle trouve plutôt gênantes. Après un an et devant les difficultés, elle se décide à passer le concours d’aide-soignante et obtient 19/20, première de sa liste. « Ce n’était pas mon rêve, mais j’étais contente d’avoir quelque chose. »

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Même si les temps sont durs, sa porte reste ouverte pour tous. Elle prend du plaisir à accueillir des Marocains, mais également des Algériens et tous ceux qui veulent bien partager un bout de gâteau et du thé. Elle se réjouit du progrès observé dans les relations entre voisins. « À l’époque, les communautés ne se mélangeaient pas. Les filles n’avaient pas le droit de sortir. L’évolution du quartier, son ouverture sur la ville est sur la bonne voie ». Chez elle, le va-et-vient est quotidien. « Vous êtes la bienvenue, quand vous voulez », déclare-t-elle.

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Aujourd’hui âgée de 58 ans, Amina travaille toujours à l’hôpital Pasteur, bien loin de son rêve de devenir avocate au Maroc. Elle continue de se consacrer aux activités de son quartier et s’y plaît énormément. « Je donnais des cours de langue en arabe. Aujourd’hui, je fais partie du bureau de la régie de quartier, je suis vice-présidence du conseil d’administration et membre du conseil citoyen ».

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