Les imams de France dénoncent l’ingérence des politiques dans le religieux

- 21h20 - France - Ecrit par : J.K

Dans une déclaration, la ministre déléguée à la citoyenneté avait indiqué que les imams allaient « reconnaître », avec la charte de l’islam de France, le droit pour les couples homosexuels de se marier. La réaction des imams, n’a pas tardé.

Répondant à une question sur la charte des principes pour l’islam de France, partiellement votée au sein du culte musulman, la ministre déléguée à la citoyenneté avait déclaré sur LCI que « cette charte est engageante. […]. L’idée, c’est de dire comment on s’engage dans la lutte contre l’homophobie ? Est-ce que ça veut dire que dans les prêches, on considérera que deux hommes ont le droit de s’aimer, de se marier, comme deux femmes ont le droit de s’aimer et de se marier, comme le disent les lois de la République française ? C’est cela que dit cette charte ».

Dans un communiqué, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz qualifie ces déclarations d’ « incompréhensibles et inacceptables », fait savoir l’AFP. Dans cette charte signée par cinq des neuf fédérations du Conseil français du culte musulman (CFCM), dont la Grande Mosquée de Paris, « nous avons rappelé le principe d’égalité entre tous les êtres humains […] et nous avons clairement dit que cela impliquait le refus de toute discrimination liée à l’homosexualité », a poursuivi Hafiz. « Cette charte est notre affaire et je dénie à un ministre la capacité de dicter les prêches des imams. Que resterait-il de la liberté de religion ? Que resterait-il de la laïcité ? », s’est-il emporté.

D’ailleurs, « il y a une grande différence entre refuser toute discrimination notamment pour un motif d’orientation sexuelle et adhérer au mariage homosexuel. Comme les autres religions monothéistes, l’islam ne reconnaît le mariage qu’entre les personnes de sexes différents. Aucune autorité publique ou politique ne peut dicter une doctrine religieuse », a-t-il martelé. Même son de cloche de la part de la Confédération islamique Milli Gorus (CIMG) qui considère également cette déclaration comme « déplorable » dénonçant « une fois de plus l’ingérence des politiques dans le religieux ».

Pour rappel, la CIMG est l’association qui porte le projet de mosquée à Strasbourg. Un projet qui met à couteaux tirés le gouvernement et la maire Europe Ecologie-Les Verts de cette ville, Jeanne Barseghian, depuis mardi.

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