Fausses faillites à l’étranger : des entreprises marocaines dans le collimateur du Fisc

- 11h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

L’Office des changes intensifie ses contrôles après la détection d’anomalies comptables dans plusieurs projets d’investissement d’entreprises marocaines à l’étranger.

Se basant sur des informations précises provenant de rapports et de notes de renseignement, les contrôleurs de l’Office des Changes en étroite coordination avec la Direction générale des impôts ainsi que l’Administration des douanes et impôts indirects passent au peigne fin les documents relatifs à des projets marocains en faillite à l’étranger. En parallèle, ils ont lancé des enquêtes approfondies concernant d’importants transferts d’argent réalisés par des investisseurs marocains vers plusieurs pays européens et africains, notamment la France, la Côte d’Ivoire et le Mali.

Tout est parti de la détection d’indicateurs de fraude dans les déclarations comptables annuelles, notamment une baisse anormale des bénéfices et une surestimation des charges, en contradiction avec les performances habituelles constatées dans les mêmes secteurs et pays d’accueil. Des investisseurs marocains soupçonnés d’avoir délibérément déclaré la faillite de leurs projets pour justifier l’absence de bénéfices alors qu’ils auraient transféré plus de 820 millions de dirhams, sans qu’aucun impact tangible en termes d’investissement ne soit enregistré, rapportent des sources à Hespress.

À lire :Maroc : l’Office des changes traque les fraudeurs

Quatre investisseurs marocains sont dans le viseur de l’Office des changes. Ils auraient tenté d’éluder leurs obligations légales en matière de rapatriement des fonds. Certains investisseurs suspectés de fraude ont sollicité les services des experts et cabinets comptables étrangers spécialisés dans la falsification de documents financiers, qui opèrent notamment en Afrique, afin de simuler une dégradation artificielle de la santé financière de leurs entreprises dans le but de tromper les organes de contrôle, font savoir les mêmes sources. Ces experts sont soupçonnés d’avoir obtenu des documents administratifs et manipulé les comptes, avant de renvoyer des fonds vers des comptes secrets situés dans des paradis fiscaux.

Les contrôleurs ont par ailleurs procédé à des échanges électroniques d’informations avec des institutions homologues en Europe et en Amérique centrale, en vertu d’accords internationaux de lutte contre la fraude et le blanchiment.

À lire :L’Office des changes traque certains riches

Que disent les textes en vigueur ? Conformément aux dispositions de l’article 169 des instructions générales des opérations de change, l’Office des changes exige des entreprises marocaines (personnes morales) souhaitant investir à l’étranger qu’elles disposent d’au moins trois années d’activité, que leurs comptes soient certifiés sans réserve par un commissaire aux comptes, est-il précisé. L’office insiste également sur la nécessité d’un lien entre l’investissement envisagé à l’étranger et l’activité de l’entreprise, lequel investissement doit viser à renforcer et développer cette activité, et ne doit pas concerner des opérations de placement financier ou des actifs immobiliers. Le montant autorisé pour l’investissement à l’étranger, pour chaque personne morale résidente et pour chaque année civile, tel que stipulé dans l’article 169 desdites instructions, est fixé à 200 millions de dirhams.

  • Maroc : l'Office des changes traque les fraudeurs

    L'Office des changes passe au peigne fin les documents de certains investisseurs marocains dans les pays du Golfe et en Afrique. Ceux-ci ont effectué des transferts financiers et bancaires suspects vers l'étranger au cours des trois dernières années.

  • Maroc : l'Office des changes remonte un vaste réseau de fraude

    Suite aux signalements contenant des informations précises sur l'exploitation de prétendus « investisseurs » étrangers par des membres d'un réseau, les éléments de contrôle relevant de l'Office des changes enquêtent sur les activités de sociétés – enregistrées au nom d'étrangers au Maroc, dont la majorité détient la nationalité française ou turque – impliquées dans le transfert illicite de fonds entre Tanger, Casablanca et El Jadida, principalement spécialisées dans l'import-export, le textile et l'habillement.

  • Maroc : l'Office des changes détecte une fraude massive

    Les services de l'Administration des douanes et impôts indirects (ADII), en coordination avec ceux de l'Office des changes, ont détecté les transferts illégaux à l'étranger d'importantes sommes d'argent estimées à 750 millions de dirhams, effectués par un réseau composé de dizaines d'entreprises sur une période de trois ans.

  • Maroc : des sociétés à l'étranger dans le viseur du Fisc

    Les contrôleurs de l'Office des changes enquêtent sur des activités suspectes de sociétés créées par des Marocains à l'étranger, soupçonnant un blanchiment d'argent.

  • Des entreprises marocaines sous enquête

    Les services de contrôle relevant de l'Administration des douanes et l'Office des changes poursuivent des enquêtes conjointes pour vérifier l'authenticité d'opérations suspectes de transfert de fonds vers l'étranger, dissimulées derrière des transactions d'exportation effectuées par des entreprises marocaines avec des sociétés étrangères. Ils avaient reçu des rapports et signalements faisant état de manipulations dans les déclarations de valeur de marchandises et de leurs factures.

  • Maroc : L'Office des changes mène une enquête de grande envergure

    Suite à la détection de soupçons de manipulations dans des documents relatifs à des marchés et à des transferts financiers réalisés par des investisseurs marocains entre le royaume et plusieurs pays africains, notamment en Afrique centrale et de l'Ouest, une équipe de contrôleurs de l'Office des changes accélère la mission de vérification de la qualité qu'elle a entre-temps débutée.

  • Maroc : L'Office des changes traque des filiales de sociétés étrangères

    Les services de contrôle de l'Office des changes ont enquêté sur des transferts financiers suspects effectués par des filiales de sociétés étrangères, notamment européennes et asiatiques, opérant au Maroc.

  • Des biens acquis illégalement depuis la France par des MRE ?

    Les contrôleurs de l'Office des changes enquêtent sur des élus et promoteurs immobiliers soupçonnés de transfert illégal de fonds vers l'étranger.

  • Maroc : la chasse aux fortunes cachées à l'étranger

    Suite aux informations précises obtenues grâce à la coopération internationale avec des instances de contrôle financier européennes, notamment en France et en Espagne, les équipes d'inspection et de contrôle relevant de l'Office des changes enquêtent sur des soupçons de manquements aux lois en vigueur en matière de change et de fiscalité et ciblent des hommes d'affaires marocains.

  • Le Maroc détecte un vaste système de fraude

    Les services de contrôle de l'Office des changes, en collaboration avec l'Administration des douanes et impôts indirects, enquête sur des transactions commerciales suspectes visant des sociétés marocaines et étrangères basées dans le royaume.