Le Roi Mohammed VI interdit aux Imams de faire de la politique

8 juillet 2014 - 22h58 - Maroc - Ecrit par : J.L

Les imams marocains sont désormais interdits de vie politique et syndicale. La mesure a même fait même l’objet d’un Dahir royal (décret), dont l’objectif est de dissocier clairement la politique et la religion au Maroc, où près d’une décennie après les attentats terroristes du 16 mai 2003, à Casablanca, c’est la deuxième grande réforme du champs religieux menée par le Palais au Royaume.

Les encadrants religieux (Imams et prédicateurs...), exerçant sous l’égide du ministère des Habous et des Affaires islamiques, sont ainsi interdits d’exercer toute activité politique et culturelle qui pourrait empêcher ou entraver la pratique des préceptes de l’Islam.

Les Imams, une vie meilleure mais plus de restrictions

Au total, quatre dahirs sont parus au bulletin officiel marocain, du 1er juillet. Les deux premiers "réglementent l’activité des religieux" et posent les constantes des missions religieuses des prédicateurs et des Imams, notamment le respect du rite Malékite et le port de l’habit marocain lors de l’accomplissement des prières et des prêches conformément à la charia islamique, ainsi que la création d’un institut de formation.

Le troisième texte concerne la mise en place d’un programme de lutte contre l’analphabétisme, quant au quatrième Dahir, il est consacré à la création d’un prix de 20.000 DH dédié aux lauréat de ces programmes dans les mosquées du Royaume.

Cette nouvelle génération de réformes religieuses vise à empêcher l’exploitation de ces encadrants religieux dans les règlements de comptes politiques. La situation financière et sociale des prédicateurs et des Imams, figure également au cœur de ces textes, interdisant définitivement aux préposés religieux toute appartenance aux formations politiques et syndicales.

Les réformes du champs religieux sont un message clair aux mouvements islamistes marocains, touchant souvent aux prérogatives du Roi, commandeur des croyants, qui a le monopole de la gestion du champs religieux et de l’influencer, laissait entendre la semaine dernière Ahmed Taoufik, ministre des Habous et des Affaires Islamiques devant le monarque, lors de la première causerie religieuse de ce Ramadan.

Un Imam congédié pour avoir critiqué le festival Mawazine

La semaine dernière, un Imam de la ville de Kelaat Sraghna, au sud du Maroc, a été licencié pour avoir critiqué le festival Mawazine "Rythmes du Monde", lors du prêche du vendredi. Le prédicateur très influent dans sa ville, considérait l’événement artistique comme une extravagance et une perte du temps pour les musulmans. En 2013, un Imam de la ville de Fès avait été congédié pour le même motif.

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