Maroc : la loi sur les libertés individuelles bloque la réforme du code pénal

- 20h00 - Maroc - Ecrit par : G.A

Le débat sur les réformes du code pénal peine à évoluer à cause des partis de la majorité gouvernementale qui n’arrivent pas à accorder leurs violons. Les deux points de discorde restent les libertés des adultes dans les espaces privés, et le recours à l’IVG à des cas bien précis.

Depuis plus de quatre ans, les dirigeants de la majorité gouvernementale n’arrivent pas à avoir une position tranchée sur le projet de loi relatif à la réforme du code pénal. Et le bout du tunnel n’est visiblement pas pour bientôt, quand on sait que le PJD s’accroche au texte élaboré par l’ancien ministre de la Justice, Mustapha Ramid. Mais son successeur, Mohamed Benabdelkader est déterminé à ne pas cautionner un projet auquel il n’a pas participé et qui, de surcroît, n’a pas fait l’objet d’une discussion au sein de l’actuel gouvernement.

Le PJD maintient les articles relatifs à la pénalisation de l’enrichissement illégal et au recours à l’IVG, conditionné à des cas spécifiques. À l’opposé, l’USFP, ainsi que certains partis, exigent trancher d’abord sur les lois relatives aux libertés individuelles. Une source gouvernementale souligne qu’il est devenu inacceptable que l’on restreigne la liberté des adultes dans des espaces privés et que ces articles révolus, continuent de nuire au Maroc dans les rapports mondiaux.

Ce sont précisément ces articles qui n’ont pas fait l’objet d’amendement dans le projet de loi préparé par l’ancien ministre de la Justice et des libertés, Mustapha Ramid. L’actuel détenteur de ce portefeuille refuse d’admettre qu’il existe un blocage sur l’article relatif à la pénalisation de l’enrichissement illégal.

Benabdelkader refuse un débat qui finirait par opposer ceux qui luttent contre la corruption et ceux que l’on désigne comme étant des opposants. Selon le ministre, le gouvernement s’emploie déjà à élaborer plusieurs lois relatives à la lutte contre la corruption. L’hésitation à défendre publiquement l’annulation de l’article pénalisant les relations consentantes entre adultes, relève d’une volonté à préserver les relations au sein de la majorité gouvernementale.

  • Maroc : la réforme du code pénal divise la classe politique

    La classe politique est divisée sur la réforme du code pénal, ce qui se manifeste par l'opposition entre ministres, d'une part, et entre les partis politiques, d'autre part, sur le sujet.

  • Transparency Maroc appelle à criminaliser l'enrichissement illicite

    L'Association marocaine de lutte contre la corruption, "Transparency Maroc" a plaidé pour la relecture des articles qui sanctionnent l'enrichissement illicite dans le projet de loi relatif à la révision du Code pénal.

  • Mustapha Ramid s'exprime sur les libertés individuelles

    Le projet de loi d'amendement du code pénal au Parlement continue de faire des vagues. Alors que bon nombre de dirigeants de partis politiques réunis à Salé, samedi dernier, sont divisés sur la question des libertés individuelles, le ministre d'Etat chargé des Droits de l'Homme Mustapha Ramid, membre du Parti de la Justice et du développement (PJD) a donné des clarifications pour recadrer le débat public.

  • Libertés individuelles : les « Hors-la-loi » reviennent à la charge

    Les « Hors-la-loi » comptent sur le nouveau parlement pour faire aboutir leurs propositions pour la défense des libertés individuelles. Le Collectif appelle les nouveaux parlementaires, « à construire une vraie démocratie et une vraie égalité ».

  • Le sort du code pénal entre les mains d'El Othmani

    Face à l'impasse autour du projet de loi modifiant et complétant le Code pénal, le chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani est appelé à débloquer le texte.

  • Maroc : 170 personnes poursuivies pour homosexualité

    Ces dernières semaines, les défenseurs des droits de l'Homme ont donné de la voix, en appelant à l'abrogation pure et simple des lois criminalisant au Maroc, l'adultère et l'homosexualité.

  • Maroc : un député appelle à dépénaliser l'homosexualité

    Le député de la Fédération de la Gauche démocratique, Omar Balafrej, a appelé à dépénaliser les relations extra-conjugales et l'homosexualité, en supprimant les articles du Code pénal allant à l'encontre des libertés individuelles, notamment, les 489, 490 et 491.

  • Le Maroc va muscler son arsenal juridique contre le blanchiment d'argent

    Le projet de loi n°12-18 modifiant et complétant le code pénal et la loi n°43.05 relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux, est actuellement sur la table des députés qui devront se pencher sur son adoption.

  • Maroc : vers la libération des détenus malades mentaux

    Les détenus souffrant de troubles mentaux pourront, dans les tout prochains jours, bénéficier d'une libération. Mohamed Benabdelkader, ministre de la Justice, a en effet donné carte blanche à l'examen d'une proposition de loi visant à introduire un amendement aux articles 76 et 77 du code pénal relatifs aux prisonniers malades mentaux.

  • Maroc : des associations exigent la fin "des tribunaux de l'Inquisition"

    La Fédération de la Ligue démocratique des droits des femmes (FLDDF) vient de lancer une campagne pour la suppression des articles incriminant les libertés individuelles, sous le slogan : « Assez des tribunaux de l'Inquisition ! … Je veux une loi qui protège ma liberté et mes droits ».