Marseille : la mort troublante de Mohamed B.

- 07h30 - France - Ecrit par : P. A

Mohamed B., un livreur Uber, a été tué dans la nuit de samedi à dimanche lors des émeutes dans le centre de Marseille. Sa famille demande l’ouverture d’une enquête pour élucider sa mort et vérifier s’il n’a pas été victime d’un probable tir de LBD au thorax.

Le parquet de Marseille a ouvert mardi une information judiciaire pour « coups mortels avec usage ou menace d’une arme » pour faire la lumière sur la mort de Mohamed B., ce livreur Uber de 27 ans et jeune père de famille, rapporte Le Parisien. Le jeune homme, qui circulait en scooter, est descendu devant l’immeuble de la cité Bel-Air (Xe) où résident ses parents, avant de s’écrouler au sol, selon certains témoins. Sa tante, Samra Ammari, fait état d’un énorme bleu au thorax de son neveu qui, selon le parquet, aurait été « causé par le tir d’un projectile de type flash-ball ». « Cet impact a entraîné un arrêt cardiaque et donc la mort », précise-t-on.

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« À ce stade, il n’est pas possible de déterminer le lieu où cet impact est intervenu. Des événements de type émeutes et pillages se déroulaient cette nuit-là dans le secteur, sans qu’il soit possible de déterminer si la victime y avait participé ou même si elle avait pu circuler dans une telle zone », assurent les enquêteurs de la police judiciaire et de l’IGPN. La veuve de la victime, Nour, est quant à elle convaincue que son mari a été « tué ». « À mon avis, c’est un policier qui lui a tiré dessus… Ce qui m’intrigue est que l’on me dit qu’il n’apparaît pas sur les caméras de surveillance alors qu’à 0h49, il était devant le Footlocker de la rue Saint-Ferréol où il filmait. Même la procureure m’a dit que mon mari n’était pas avec les émeutiers », a-t-elle déclaré à la presse.

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Mohamed B. se trouvait à 1 km du lieu de son décès, selon les dernières vidéos qu’il a enregistrées avec son téléphone, et diffusées sur BFM, lesquelles montrent une intervention de la police rue Saint-Ferréol. Les enquêteurs vont visionner les caméras de surveillance pour tenter de retracer l’itinéraire de la victime afin de déterminer les causes et circonstances de son décès. « Entre sa vidéo et le lieu où il est pris en charge, personne ne sait ce qu’il s’est passé. C’est l’hôpital qui prévient la police, qu’ils viennent d’admettre quelqu’un en mauvais état. La police n’a pas été appelée non plus lors de l’intervention des pompiers », indique une source proche de l’enquête.

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