Les MRE confrontés à un durcissement des conditions d’envoi de fonds depuis l’Europe

- 22h40 - Maroc - Ecrit par : S.A

Face au durcissement des autorités européennes sur les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE), le wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri appelle à une action diplomatique d’envergure.

« Force est de constater que plusieurs défis méritent d’être soulignés. C’est particulièrement le cas en Europe, où les activités d’accompagnement des Marocains du monde, pratiquées depuis des décennies par les banques marocaines en toute transparence et dans le respect des réglementations locales, sont depuis quelques années confrontées à un durcissement sans précédent de leurs conditions d’exercice », a déclaré Abdellatif Jouahri lors du forum de Rabat sur la réduction des coûts de transfert de fonds de la diaspora africaine.

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Il expliquera que plusieurs autorités bancaires de pays de l’Union ont décidé de suspendre l’activité d’intermédiation opérée par les filiales bancaires situées en Europe auprès de la diaspora, et pour le compte de leurs maisons mères marocaines. Le wali de BAM se dit convaincu que les conditions de prestation de cette activité vont davantage se durcir si le projet de directive européenne, relatif notamment aux succursales de pays tiers, venait à être voté en l’état. « Ce projet, dont l’adoption est imminente, prévoit l’interdiction pour les banques étrangères non établies dans l’UE d’offrir des services bancaires du pays d’origine directement à leurs clients résidant dans un pays de l’Union », a-t-il poursuivi.

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« À ces contraintes s’ajoute la convention de l’OCDE portant sur l’échange d’informations fiscales, dont l’entrée en vigueur prochaine suscite la grande inquiétude des Marocains du monde, a noté le responsable. Il sera nécessaire d’œuvrer, dans l’intérêt de notre continent et de nos compatriotes, pour que cette norme soit déployée sans entraver les transferts de fonds des migrants. »

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Face à ces contraintes, Abdellatif Jouahri a lancé un appel : « Il nous semble qu’une action diplomatique d’envergure de nos pays est nécessaire pour alerter sur ces développements préoccupants et œuvrer à préserver les acquis et à maintenir les liens, tout particulièrement des dernières générations de migrants sur le sol européen, avec la mère patrie. »

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