« Je me sens plus respectée au Québec qu’au Maroc »

- 14h30 - Monde - Ecrit par : P. A

Fatima Aboubakr a quitté en 2005 son Maroc natal avec ses deux garçons d’un et 3 ans, pour s’installer au Québec, ville canadienne où elle assure se sentir « plus respectée ».

Pour une femme qui a grandi dans une culture arabo-musulmane au Maroc, Fatima a eu du mal à se construire une nouvelle vie avec ses enfants dans un autre pays. « Cela n’a pas été facile, […] mais le Québec a été pour moi une destination de rêve, et je suis reconnaissante de l’accueil dont j’ai bénéficié. J’ai toujours trouvé injustes les accusations de racisme et d’islamophobie dont les Québécois sont la cible. Je me sens plus respectée au Québec que je ne l’étais dans mon pays d’origine. C’est ici que je me suis sentie citoyenne à part entière, libre de mener ma vie comme je l’entendais, sans jugement, et j’ai le sentiment d’avoir bénéficié de l’égalité des chances », a-t-elle confié à Le Devoir.

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Pour Fatima, « il est difficile de faire émerger un islam humaniste au Québec », ajoutant que « les accusations de racisme et d’islamophobie contre les Québécois sont utilisées pour faire avancer des objectifs islamistes ». « J’avais envie de m’investir dans le milieu associatif pour aider d’autres ressortissants de pays musulmans, surtout les jeunes, à s’en sortir. Je voyais le danger de la radicalisation et l’influence que certains prédicateurs ont sur les jeunes ici même, à Montréal. Mon neveu de 25 ans habitant à Laval, plein de talent et de joie de vivre, […] est soudain tombé entre les griffes du radicalisme. Du jour au lendemain, il a arrêté ses études, ses activités artistiques et le sport, pour se consacrer à la religion », explique-t-elle.

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Fatima est devenue un membre fondateur d’une association de citoyens de culture arabo-musulmane favorables à la laïcité. La nouvelle association a commencé à organiser des activités culturelles et des rencontres virtuelles avec des membres dans différentes villes du Canada et des États-Unis. Mais l’un des responsables de l’association, qui avait plus de 30 ans d’expérience dans le milieu associatif, tenait un discours tendant à promouvoir l’islam radical et à « décrire le Québec comme une province raciste et islamophobe ». « Il utilisait toutes les tribunes pour diaboliser le Québec. Lorsque j’intervenais pour parler de mon expérience positive au Québec, il ridiculisait mes propos et expliquait que si j’étais bien accueillie, c’était en raison de mes positions « anti-islam », détaille-t-elle.

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« Lors de la nomination d’Amira Elghawaby comme représentante canadienne à la lutte contre l’islamophobie, il fit des pressions sur moi pour que je ne puisse pas exprimer mon avis contre sa nomination… J’ai décidé de quitter l’association dont j’avais été membre fondatrice et qui n’avait plus rien d’humaniste ni de laïque. Je ne sais pas quel sera le mandat de la représentante canadienne à la lutte contre l’islamophobie, mais je sais que ce concept est une arme aux mains des intégristes pour faire avancer leurs objectifs politico-religieux et pour creuser un fossé entre les musulmans et les autres. Il y a de quoi s’inquiéter », conclut-elle.

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