Maroc : les avocats ne veulent pas traduire les documents en arabe

- 12h40 - Maroc - Ecrit par : J.K

Un collectif d’avocats du Maroc part en guerre contre un projet de la loi qui fait obligation de traduire en arabe toutes les pièces des procédures judiciaires. 

Traduction impérative en arabe des pièces de procédure judiciaire : des avocats protestent

« Alors qu’il traîne depuis que la Cour Constitutionnelle s’est prononcée sur son inconstitutionnalité en février 2019 », ce projet « est soudainement devenu une urgence à la veille des élections, avec l’objectif d’être adopté avant la clôture de la session parlementaire », se préoccupe le Collectif. L’article 14 dudit texte, poursuit le document, impose « la traduction en arabe par un traducteur assermenté de toutes les pièces produites dans le cadre d’une procédure, à moins que la juridiction en décide autrement ». Si cette disposition reste en l’état, elle « privera le citoyen vulnérable d’un accès équitable et libre à la justice de son pays et alourdira les délais et processus judiciaires » et « produira des goulots d’étranglement en raison des capacités numériques actuelles de traduction (volumétrie de documents à traduire / délai requis) à l’échelle nationale : 406 traducteurs assermentés pour 2 782 048 affaires en 2020 ».

Ainsi, le Collectif dénonce ce qui représente à ses yeux, « une régression dans l’ouverture et la diversité qui caractérise notre pays », ce qui portera « probablement un coup d’arrêt aux investissements étrangers face à une justice qui serait structurellement lourde, lente et coûteuse en temps et en argent ».

Aussi, ces avocats lancent-ils « un appel pressant » aux parlementaires pour la modification de l’article 14 dans le sens de maintenir le caractère facultatif de la traduction des pièces, et non en faire une exigence impérative. Et le Collectif, pour conclure, de faire la proposition suivante : « les documents doivent être traduits si le juge le décide ».

  • Maroc : la traduction des documents en arabe ne sera pas obligatoire

    Modifiée par la Commission de la justice de la Chambre des représentants, la nouvelle version de l'article 14 de la loi d'organisation judiciaire n'impose plus la traduction en arabe des pièces et documents à produire en justice.

  • Le PJD demande de traduire les documents officiels en arabe

    Le Parti de la justice et du développement (PJD) a demandé la traduction en arabe de tous les documents administratifs officiels publiés sur les sites Internet des ministères et des institutions publiques.

  • Maroc : des avocats s'accaparent des terres soulalyates

    Des avocats marocains sont impliqués dans la vente illégale des terres soulalyates (collectives). Saisi, le ministre de la Justice s'est dit préoccupé et évoque l'ouverture d'une enquête.

  • Immobilier au Maroc : une loi pour verrouiller les contrats

    À la Chambre des représentants, la commission de justice va examiner ce mardi 15 juin une proposition de loi sur les contrats immobiliers d'avocats. Le texte propose que les contrats immobiliers dressés par avocats ne soient plus soumis au greffe du tribunal mais plutôt à leurs barreaux.

  • Soulaimane Raissouni condamné à 5 ans de prison pour agression sexuelle

    La Cour d'appel de Casablanca a condamné, vendredi 9 juillet, le journaliste Soulaimane Raissouni à cinq ans de prison ferme pour viol et séquestration. Il est en grève de la faim depuis plus de 90 jours.

  • Des pièces de rechange dangereuses vendues aux Marocains

    Grogne dans les rangs de la fédération nationale des importateurs et vendeurs de pièces de rechange d'occasion pour automobiles. Elle dénonce un réseau de commerçants étrangers agissant dans l'informel dans le marché de Salmia. Marchandises non conformes, concurrence déloyale, les professionnels réclament une enquête et des mesures fortes.

  • Appel pour la réhabilitation des livres d'Edmond Amran El Maleh

    Les œuvres de l'écrivain marocain Edmond Amran El Maleh disparaissent peu à peu des centres de lecture et bibliothèques. Inquiet, le romancier Mohammed Said Hjiouij a alerté le conseiller royal André Azoulay.

  • Vers l'ouverture d'une enquête judiciaire pour les contrats conclus par le ministère de la Santé ?

    Des « dysfonctionnements » ont été notés dans la gestion des contrats conclus par le ministère de la Santé depuis le début de la crise sanitaire en mars 2020, selon le rapport de la mission exploratoire de la Chambre des représentants. Une enquête judiciaire pourrait être ouverte.

  • Nouvelle loi sur les prénoms au Maroc

    Au Maroc, les surnoms “Moulay”, “Sidi” et “Lalla” seront bientôt interdits et le Tifinagh sera introduit dans la transcription des noms. Ce sont les nouveautés que va apporter un nouveau projet de loi portant n° 36.21 relatif à l'état civil qui propose la mise en place d'un système électronique national. Le texte sera examiné par la Commission de l'intérieur, des collectivités territoriales, de l'habitat et de la politique de la ville à la chambre des représentants.

  • La société israélienne Mehadrin veut produire des avocats au Maroc

    La société israélienne Mehadrin, spécialisée dans la production et l'exportation de fruits et légumes, vient de créer une joint-venture au Maroc pour cultiver des avocats en vue d'étendre sa production en Afrique et en Amérique latine et ainsi répondre à la demande mondiale sans cesse croissante.