Les tribulations d’un médecin suisse au Maroc

- 21h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Depuis 2000 qu’il s’est installé dans la région de M’hamid El Ghizlane, dans le sud marocain, près de la frontière avec l’Algérie pour y développer un tourisme écologique, le chirugien maroco-suisse Labbas Sbaï connaît une succession d’événements malheureux. Emprisonné à plusieurs reprises, maltraité, il est sorti de prison le 20 juin dernier.

En choisissant de revenir au Maroc pour s’établir à M’hamid El Ghizlane, une région déshéritée depuis la fermeture de la frontière entre les deux pays en proie aux trafics en tout genre (cigarettes, drogues, chameaux…), docteur Labbas Sbaï était à mille lieues d’imaginer ce qui l’attendait. Il y crée une réserve naturelle pour accueillir des gazelles, des fennecs, des perdrix du désert, et même des chacals, « à condition qu’ils ne s’attaquent pas aux chèvres ». Son objectif est de faire renaître l’oasis d’Oum Lâalag, appartenant à sa famille, situé à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest M’hamid El Ghizlane. « Dans les années soixante-dix, le lac Iriki, long de trente kilomètres et large de vingt s’est asséché en quelques mois. Les oiseaux migrateurs ont disparu », avait-il raconté à Mondafrique.

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Son malheur, c’est d’afficher son opposition « aux multiples trafics qui prospèrent » dans la région « avec la bénédiction des autorités locales, des élus, du caïd et du procureur ». Il sera arrêté en 2006, puis condamné à six mois de prison, pour « outrage à magistrat » et « désordre dans un lieu public », avant d’être libéré sous la pression de la population. Labbas Sbaï a été de nouveau arrêté en 2010. Après sa sortie de prison, il préside un comité de vigilance des nomades de la région qui vise à dénoncer les expropriations de terres au détriment de certaines tribus et les vols de chameaux. Il sera arrêté. Jugé le 26 mai 2022 pour “outrage”, il a été condamné à deux mois de prison ferme.

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Son nouveau séjour en prison ne sera pas du tout aisé. « On m’a frappé, on m’a frappé, j’ai perdu connaissance deux fois… Ici c’est Guantanamo, ici c’est Abou Ghraib…", a confié Dr Sbaï à son frère Ibrahim. Ali Sbaï, un autre de ses frères, ancien haut fonctionnaire à Genève rentre au Maroc pour s’enquérir de la situation. Lors des échanges qu’il a eus avec le directeur de la prison le 31 mai, celui-ci que reconnaît que le chirurgien a bien reçu des coups, « mais involontaires, dans un malentendu avec un gardien […] On a examiné l’incident et on en a conclu que ça ne nécessitait pas une poursuite… ».

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Quelques jours plus tard, la santé du détenu s’est dégradé. Grâce à une intervention des autorités de Rabat, ce membre d’une grande famille sahraouie amie du roi Mohammed V a été libéré de prison lundi 20 juin. « Il est très faible. Nous allons le transporter dans un hôpital à Marrakech pour qu’il soit enfin soigné », confie au même média Ali Sbaï, le frère de Labbas.

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