Le cerveau présumé des kidnappings cryptos serait caché au Maroc

- 21h00 - France - Ecrit par : P. A

Arrêtés en début de semaine à Paris, 25 individus ont été présentés à la justice vendredi. Ils sont accusés de tentatives d’enlèvements dans le milieu de la cryptomonnaie.

Les agents de la Brigade de répression du banditisme (BRB) de Paris ont ouvert une information judiciaire pour « tentative d’enlèvement en bande organisée » et « associations de malfaiteurs » après deux tentatives d’enlèvement de la fille de Pierre Noizat, PDG d’une société d’échanges de cryptomonnaie, les 12 et 13 mai dans le XIᵉ arrondissement de Paris, et un projet de kidnapping de l’un des fondateurs d’une société de minage dans le Bitcoin et son épouse, le 26 mai à Couëron (Loire-Atlantique). Les enquêteurs tentent d’établir des liens entre ces affaires et deux autres enlèvements violents survenus ces six derniers mois, dont celui de David Balland, génie de la cryptomonnaie, dans le Cher. Le commanditaire commun de tous enlèvements serait caché au Maroc, fait savoir Le Parisien.

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Dans un rapport de synthèse, les enquêteurs découvrent un vaste réseau criminel, « une organisation mafieuse à plusieurs niveaux », composée de « jeunes exécutants prêts à toutes les exactions afin d’assouvir leur désir d’argent facile » et « agissant sur instructions ». Le gang avait planifié d’enlever la fille de Pierre Noizat à Paris le 12 mai. La cible, âgée de 34 ans, devait être embarquée de force dans une camionnette en pleine rue, puis transférée dans une seconde camionnette avant d’être séquestrée dans une location Airbnb secrète. Elle sera libérée quand son père aura versé une rançon. Mais pour diverses raisons, ce plan ne s’est pas déroulé comme prévu. Le 13 mai, les membres du réseau tentent à nouveau de kidnapper la fille du PDG de la société de crypto Paymium. A bord d’une camionnette garée rue Pache (Paris XIe), non loin d’une école, ils guettent la victime, enceinte et qui venait chercher son fils de deux ans.

L’intervention du compagnon de la cible et d’un riverain ont contraint les criminels à abandonner leur projet funeste. Grâce aux caméras de surveillance, trois d’entre eux ont été identifiés comme étant des mineurs d’à peine 16 et 17 ans. Les enquêteurs parviennent aussi à identifier les camionnettes utilisées par ce réseau pour commettre ses forfaits. L’une d’elles, une Renault Trafic, a été retrouvée stationnée à Nanterre (Hauts-de-Seine). Les agents de la BRB constatent qu’elle a été replaquée et portait des logos de l’enseigne « Rent and drop ». Un autre fourgon de même modèle siglé « Aux Bons déménageurs », a été identifié à deux pas du premier, dans cette zone isolée dans une zone industrielle. Les enquêteurs soupçonnent la préparation d’un nouveau projet d’enlèvement.

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Les enquêteurs ont découvert que les membres du réseau criminel prévoyaient de kidnapper simultanément le lundi 26 mai, à 10h10 précisément, un riche entrepreneur dans la cryptomonnaie et sa compagne. Là encore, rien ne se passe comme prévu. Les policiers de la BRB, assistés de la brigade de recherches et d’intervention (BRI) de Paris, parviennent à déjouer leurs plans. Huit individus, âgés entre 17 et 23 ans, ont été interpelés dans les deux camionnettes, alors qu’ils s’apprêtaient à passer à l’action. Le conducteur de l’un des fourgons est un jeune d’à peine 17 ans qui n’a pas de permis. Les prévenus sont nés à Paris et au Sénégal pour l’un d’entre eux et résident tous en région parisienne (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Essonne).

Les enquêteurs ont retrouvé dans les camionnettes des gants, des cagoules, des bombes lacrymogènes, ainsi que des fusils type M15 et des pistolets type Glock, un iPhone 8 connecté à l’application de guidage Waze, sur laquelle a été inscrite l’adresse des cibles. Parallèlement, la PJ de Paris a procédé à des interpellations en région parisienne, dont des logisticiens et des lieutenants. Pour les enquêteurs, tous ces suspects constituent « une main-d’œuvre facile à recruter, interchangeable à l’infini, mais ayant toujours pour fil rouge un sentiment d’impunité et une violence gratuite ». « On assiste à une taylorisation du crime organisé : chaque jeune exécute une micro-tâche, souvent pour presque rien, parfois sous pression. C’est désolant. Pour si peu, ils risquent de lourdes peines et gâchent leur avenir », ont déploré les avocats de l’un des suspects.

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