La colère monte chez les automobilistes marocains

- 09h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Après une période d’accalmie, les sabots de stationnement sont de retour dans plusieurs villes marocaines, y compris Casablanca en cette période estivale marquée par l’afflux des touristes, suscitant la colère des automobilistes.

Les automobilistes critiquent le retour des sabots de stationnement. Dans une déclaration à Hespress, Morad, un jeune Marocain s’est plaint de l’immobilisation de sa voiture dans une rue de Casablanca la semaine dernière. Il raconte avoir été surpris par l’immobilisation de sa voiture et contraint par un agent à payer une amende de 30 dirhams, alors qu’il se rendait dans un laboratoire d’analyses médicales. « La machine censée fournir les reçus ne fonctionnait pas », ajoute-t-il, déplorant le préjudice subi. Abdellah qui a quitté Tétouan pour Casablanca s’est lui aussi trouvé confrontée à une difficulté similaire. Sa voiture avait été immobilisée environ 10 minutes après qui l’a garée dans un parking de la ville. Agacé, Abdellah a fait appel à un huissier de justice qui a rédigé un procès-verbal, pour le transmettre à un avocat. Ce dernier a déposé une plainte devant le tribunal administratif.

À lire :106899

La même pratique s’observe à Rabat. « L’immobilisation des voitures dans la ville continue, confirme Farouk Mahdaoui, conseiller du groupe de la Fédération de la Gauche au conseil communal de Rabat, mais en tant que groupe, nous restons attachés à l’abolition de cette pratique, car elle est illégale, inconstitutionnelle et contraire aux conventions internationales sur la liberté de mouvement des individus ». Selon ses explications, la commune reste attachée à la question, malgré des jugements administratifs antérieurs confirmant l’illégalité de l’immobilisation des voitures par des privés. Et d’ajouter : « Nous réaffirmons le retour à la légitimité, où la commune serait l’exploitant principal des parkings, et où les revenus iraient entièrement à son profit. En fin de compte, il existe plusieurs moyens pour sanctionner les contrevenants, y compris l’amende ».

À lire :Tanger dit adieu aux « sabots » de stationnement

L’utilisation du sabot est illégale, car elle constitue une immobilisation directe des voitures privées des citoyens, a affirmé Mohamed Almo, avocat au barreau de Rabat. Pour appuyer son propos, il fait savoir que « même les jugements rendus par certains tribunaux administratifs la considèrent illégale, car l’immobilisation des voitures des citoyens et l’obligation de paiement relèvent des compétences de la police administrative, des compétences exclusives qui ne peuvent être déléguées même aux adjoints du président du conseil communal ». L’avocat dit constater que « nous sommes finalement face à un contrat entre le conseil communal et une entreprise privée par lequel la commune délègue une compétence de la police administrative, tandis que la présence de l’agent communal dans ce processus sert uniquement à légitimer l’opération, car c’est l’entreprise qui a initialement placé le sabot sur les voitures des citoyens. » Toutefois, « le droit de circuler est garanti par la Constitution », a-t-il ajouté.

À lire :Des élus vent debout contre le retour des « sabots » à Rabat

Quel sort est réservé aux automobilistes qui ont retiré le sabot et l’ont emporté ? « À ma connaissance, il n’y a pas de procédures légales à ce sujet, et il n’y a pas de dossiers judiciaires contre ceux qui ont mené cette action. Il semble que les entreprises chargées de gérer les parkings ne déposent pas de plaintes auprès des tribunaux administratifs à ce sujet », a expliqué l’avocat Almo.

  • Casablanca en colère : le retour des sabots suscite l'indignation

    Une vague de mécontentement touche la ville de Casablanca ces dernières semaines. En cause, l'application de nouvelles amendes de stationnement jugées « excessives et illégales » par les automobilistes.

  • Casablanca veut en finir avec le racket des gardiens de voitures

    Le conseil communal de Casablanca a trouvé une solution pour mettre fin à la hausse des prix des « parkings » fixés par les gardiens de voitures dans les zones touristiques.

  • Maroc : A Harhoura, les automobilistes en colère

    Le conseil municipal de Harhoura, station balnéaire rattachée à la préfecture de Skhirate-Témara, qui accueille de nombreux touristes chaque été, impose des tarifs de stationnement prohibitifs pour les voitures. De quoi provoquer la colère des automobilistes.

  • La ville de Casablanca condamnée

    Victime d'une attaque de chiens errants sur la voie publique, une femme a porté plainte contre le conseil communal de Casablanca représenté par la maire Nabila Rmili, la Wilaya de la région et la Société de développement local.

  • Maroc : les voitures de fonction sous haute surveillance

    L'administration publique marocaine veut en finir avec le phénomène de l'exploitation des voitures de service à des fins personnelles pendant la période des vacances. Les services compétents de la police et de la gendarmerie royale sont mobilisés à cette fin.

  • Gardiens de parkings : la colère des Marocains monte

    Les Marocains continuent de subir la loi des « gilets jaunes », ces gardiens de parkings illégaux qui exigent de leur part des montants exorbitants. Ils se plaignent également des prix élevés des parkings gérés par les collectivités locales ou des entreprises privées.

  • Des voitures ciblées par des jets de pierres sur des autoroutes marocaines

    Plusieurs voitures ont été attaquées par des inconnus avec des jets de pierres sur l'autoroute à l'entrée de la ville d'Asfi.

  • Maroc : bonne nouvelle pour les automobilistes

    Les automobilistes marocains peuvent souffler un peu. En ce début août, une baisse des prix des carburants, quoique modeste, est observée dans les stations-service du royaume.

  • Maroc : ces gilets jaunes, ces hors-la-loi

    Alors que plusieurs parkings sont gratuits à Agadir, des individus en gilets jaunes, agissant comme des gardiens de voitures, règnent en maîtres sur diverses rues. Ces derniers sont dans le viseur de la municipalité qui entend déposer une plainte contre eux.

  • La mafia des parkings impose sa loi à Chefchaouen

    En l'absence d'une organisation légale et claire des parkings publics, les automobilistes se font racketter par des voyous et intrus en payant de plus en plus cher le stationnement dans la commune côtière d'Amtar et de la région de Chefchaouen.