L’Espagne sanctionnée par l’ONU pour avoir privé d’école un enfant marocain

- 11h20 - Espagne - Ecrit par : P. A

Le Comité des Nations Unies sur les droits de l’enfant a condamné l’Espagne pour violation du droit à l’éducation d’un enfant marocain de huit ans à Melilla. L’inscription du garçon à l’école publique a été refusée alors qu’il est né et réside depuis sa naissance dans la ville espagnole.

« Malgré diverses procédures judiciaires, les autorités locales ont refusé d’autoriser AEA à fréquenter l’école publique », a déclaré le comité de l’ONU dans un communiqué. Pourtant, le jeune garçon est né en 2013 à Melilla et y réside avec sa mère. Cette dernière, face à ce refus, a déposé en mars 2020 une plainte auprès du Comité des Nations Unies qui a reconnu la violation du droit à l’éducation de l’enfant, rapporte EFE.

Mais il aura fallu plus d’un an au ministère espagnol de l’Éducation avant d’ordonner aux autorités locales d’admettre AEA à l’école. L’admission du garçon « est arrivée trop tard et ne répare pas complètement les dommages causés par son absence prolongée de l’école », a déclaré mardi Luis Pedernera, membre du comité, ajoutant qu’« il aurait pu apprendre dans une salle de classe et se lier d’amitié avec d’autres garçons et filles de son âge, même s’il n’a pas la nationalité espagnole ». Le Comité a donc demandé à l’Espagne de réparer ce préjudice subi par l’enfant marocain en lui octroyant une compensation conséquente et en prenant les mesures idoines pour lui permettre de rattraper son retard en connaissances pédagogiques.

A lire : Née à Melilla il y a 12 ans, une Marocaine vient d’avoir le droit d’aller à l’école (vidéo)

Comme AEA, six autres mineurs résidant en Espagne ont été admis à l’école après que leurs familles ont déposé des plaintes auprès du Comité. En tout, plus de 150 enfants issus de familles dont les parents sont sans permis de séjour à Melilla, restent exclus du système éducatif public. Une situation que le comité de l’ONU a demandé à l’Espagne de régulariser en faisant rapidement confirmer, par les autorités administratives et judiciaires locales, la résidence des mineurs afin de les admettre sans délai dans le système éducatif.

  • Les familles marocaines sous la menace d'expulsion à Melilla

    Les familles marocaines en situation irrégulière à Melilla qui engagent des procédures administratives pour obtenir la carte d'identité pour leurs enfants mineurs ou demander leur scolarisation, risquent l'expulsion.

  • L'Europe met à mal ses relations avec le Maroc

    Le parlement européen a adopté jeudi 10 juin « une résolution sur la violation de la convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant et l'instrumentalisation des mineurs par les autorités marocaines dans la crise migratoire à Sebta ». De quoi mettre à mal ses relations avec « l'un de ses meilleurs partenaires en Afrique ».

  • Ceuta : les familles marocaines déconseillent aux mineurs de rentrer au Maroc

    Les regroupements familiaux de mineurs marocains avec leurs familles au Maroc sont rares après le déclenchement de la crise migratoire ouverte en mai avec l'arrivée massive de migrants à Ceuta. Certaines familles marocaines déconseillent même à leurs enfants de revenir au Maroc où la situation sociale est qualifiée de « peu reluisante ».

  • L'Espagne refuse le visa à Ayoub, atteint d'une maladie rare

    L'Espagne a refusé d'accorder un visa de séjour à Ayoub, un garçon marocain de deux ans, atteint d'une maladie rare. Sa famille n'a d'autre choix que de demander une autorisation judiciaire, une procédure qui devrait durer trois bonnes années.

  • Née à Melilla il y a 12 ans, une Marocaine vient d'avoir le droit d'aller à l'école (vidéo)

    Le Comité des droits de l'enfant des Nations-Unies (CDE), a salué l'initiative du gouvernement espagnol qui a permis à une fillette marocaine de 12 ans d'être scolarisée à Melilla, malgré la situation illégale de sa mère.

  • Sahara : l'Espagne fait un (mauvais) pas vers le Maroc

    L'Espagne est prête à « envisager toute solution » proposée par le Maroc sur le Sahara, à condition que ce soit dans le cadre des Nations Unies, a déclaré dimanche, Arancha Gonzalez Laya, la ministre espagnole des Affaires étrangères.

  • L'Europe pourrait voter une résolution condamnant le Maroc

    Le groupe politique espagnol Ciudadanos (C's) demande au parlement européen de voter une résolution pour sanctionner le Maroc pour violation des droits des mineurs dans la crise migratoire à Ceuta.

  • Le Maroc s'oppose au transfert en Espagne des mineurs bloqués à Sebta

    Les mineurs récupérés à Sebta sont aux mains des autorités marocaines en attendant le retour de l'effectif restant. Avant l'arrivée de leurs familles, ils sont hébergés dans une structure spécialement aménagée.

  • Le Maroc « ne joue pas le jeu » du rapatriement des mineurs

    « Deux ou trois ordres de rapatriements » de mineurs marocains non accompagnés sont signés chaque jour, a assuré Abderrahim Mohamed Hammú, le vice-conseiller du mineur dans la ville autonome de Melilla, invitant le Maroc à se référer à son ambassade en Espagne pour procéder à leur rapatriement.

  • L'Istiqlal appelle à récupérer Sebta et Melilla

    Le parti de l'Istiqlal a une fois de plus appelé le Maroc à récupérer Sebta et Melilla qu'il considère comme des terres marocaines et africaines. C'était à l'occasion de la réunion hebdomadaire du comité exécutif du parti tenu en présentiel, vendredi 11 juin 2021.