Itinéraire d’un ex-militaire français, du Maroc au projet djihadiste

9 mai 2025 - 20h00 - France - Ecrit par : S.A

La tentative de départ d’un ex-militaire français condamné par la justice marocaine à quatre ans de prison ferme en 2016 pour la Syrie s’est soldée par un échec.

Manuel B., ancien militaire français, a été arrêté le 29 avril dernier alors qu’il allait partir avec son épouse rejoindre un groupe djihadiste syrien, rapporte Le Figaro. Après son arrestation, il a été placé en détention provisoire, et mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Son souhait, c’était de rejoindre le groupe dénommé la Firqatul Ghuraba (la brigade des étrangers) du djihadiste français Omar Diaby, alias Omar Omsen, parti de Nice pour la Syrie en 2013.

Manuel et sa compagne quittent la France pour l’Italie mi-avril. Ils se rendent ensuite en Arabie saoudite. Ils s’envolent, par la suite, pour la Jordanie. Mais son voyage s’arrête net. Il sera interpellé le 21 avril, avant d’être transféré vers l’Hexagone.

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Manuel n’était pas un islamiste radical. Sa mission militaire à Djibouti, en 2008, est à l’origine de sa radicalisation. De retour en France, l’homme a radicalement changé. Ce changement sera d’ailleurs à l’origine de son exclusion de l’armée en 2014. Il venait de boucler neuf ans de service. Après cet épisode, l’ex-militaire français retourne vivre à Angers. Il y dirige un petit groupe d’islamistes locaux à qui il apprend à se battre. Il anime également des entraînements paramilitaires. Après une perquisition à son domicile quelques jours après les attentats de 2015, il est assigné à résidence jusqu’en 2016.

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Après sa libération, il prend une décision radicale : faire sa hijra. Il emmène sa femme et sa fille au Maroc. Mais le voyage tourne court en raison de la présence de couteaux, d’une machette, d’une matraque et d’une cagoule… dans ses valises. Lors d’une perquisition à son domicile à Fès, les autorités marocaines procèdent à la saisie d’un pistolet à bille, ainsi que des manuels de formations aux explosifs. Jugé au Maroc, l’islamiste écope d’une peine de quatre ans de prison ferme en 2016, avant d’être expulsé vers la France. Sa compagne se trouve, elle, en Syrie.

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