Le racisme et le harcèlement subis par Bilal Hassani, racontés par sa mère

- 10h00 - Maroc - Ecrit par : G.A

Le chanteur d’origine marocaine Bilal Hassani, qui a représenté la France à l’Eurovision en 2019 et qui a participé à Danse avec les stars, diffusée sur TF1, continue de faire face à une violente vague de cyber-harcèlement en raison de son orientation sexuelle. Un combat quotidien qu’il affronte avec l’aide de sa mère Amina Frühauf, auteure du livre « Être mère, Taha, Bilal et moi », publié aux Éditions Michel Lafon.

Dans ce livre, Amina Frühauf raconte comment elle a aidé Bilal et son frère Taha à se forger une carapace face aux actes de harcèlement dont ils ont été victimes au cours de leur enfance. Un combat difficile mais qui en valait la peine, confie la maman. Elle y raconte l’exclusion de Bilal Hassani de son collège, conséquence du racisme et de l’homophobie à l’école. On lui reprochait d’avoir embrassé un garçon.

À lire : Une photo de Bilal Hassani censurée

« Son renvoi, je l’ai très mal vécu, ça a été un grand moment de solitude. Des parents sont allés voir le directeur et ne voulaient pas que Bilal, homosexuel, reste dans le même établissement que leurs enfants. Ça a été une terrible injustice et il a fallu expliquer à Bilal qu’il ne pouvait pas finir son année scolaire à cause de son orientation sexuelle », rapporte Huffpost.

À lire : Bilal Hassani dévoile « Kingdom », son nouvel album

Taha, le frère de Bilal, a eu droit à son lot d’insultes racistes. « On se moque de ses cheveux de mouton ou de sa couleur de peau ». Devant tant de difficultés, elle a décidé de créer au sein du foyer, une ambiance qui a permis à ses fils de s’extérioriser, de se confier facilement sur le harcèlement, les brimades dont ils sont victimes. Elle confie d’ailleurs avoir planifié l’éducation de ses enfants avant même de les avoir. Elle a aussi décidé de transformer une table basse en une « table des savoirs », sur laquelle tout type de magazines étaient proposés aux enfants. « Il n’y avait pas de jugements ou de discriminations culturelles : chacun était libre de choisir ses revues et Bilal lisait beaucoup ces magazines », souligne-t-elle.

À lire : France : les actes islamophobes en hausse de 52 %

« Être mère, Taha, Bilal et moi », a également évoqué le cyberharcèlement dont a été victime Bilal durant les jours précédant l’Eurovision 2019. « Quand on a vu cette vague de cyberharcèlement, la solution qu’on a trouvée à l’époque c’était de lui retirer ses comptes pour qu’ils soient gérés par un community manager. On m’a déconseillé d’aller lire les messages sur Youtube ou Twitter, mais je regardais quand même. Il y avait quand même des appels au meurtre. C’était d’une violence inouïe ».

À lire : L’ONU s’inquiète de la multiplication des actes islamophobes en France

En publiant son livre, Amina Frühauf espère venir en aide aux parents qui, comme elle, ont des enfants dont l’orientation sexuelle est source d’ennuis divers. « Je ne peux pas changer la société à moi toute seule, mais si je mets deux enfants au monde et arrive à leur transmettre les principes de bases que sont le droit à la différence et la tolérance, alors j’aurais contribué à construire une société meilleure ».

  • Bilal Hassani : des groupes catholiques font annuler un concert

    Le concert de Bilal Hassani, prévu mercredi soir dans l'ancienne basilique Saint-Pierre-aux-Nonnains à Metz, a été annulé par la production en raison d'une polémique suscitée par l'orientation sexuelle du chanteur. La communauté catholique et traditionaliste locale a en effet vivement critiqué la présence du chanteur d'origine marocaine en tant que porte-drapeau de la communauté LGBT+.

  • Affaire « sexe contre bonnes notes » : des témoignages surprises à la dernière audience

    Le procès des cinq professeurs de la faculté des sciences juridiques impliqués dans l'affaire dite « sexe contre bonnes notes » à l'Université de Settat a été marquée par des témoignages surprises. Les étudiantes présumées victimes de harcèlement sexuel ont apporté des démentis formels.

  • Une photo de Bilal Hassani censurée

    La SNCF et la RATP viennent de censurer la photo de Bilal Hassani à la Une du magazine LGBTQI + Têtu qui l'a élu comme personnalité de l'année.

  • Harcèlement sexuel : Amina Bouayach félicite les étudiantes ayant brisé le silence

    Ces derniers mois, certaines universités marocaines ont été éclaboussées par des affaires de harcèlement et de chantages sexuels ayant conduit à la suspension pour certains et à des peines d'emprisonnement pour d'autres. La présidente du Conseil national des droits de l'homme (CNDH), Amina Bouayach, salue « le courage » des étudiantes qui par leur dénonciation, ont permis aux autorités de toucher du doigt, un phénomène qui prend de l'ampleur.

  • Tanger : un an de prison ferme pour le professeur harceleur

    Poursuivi pour « harcèlement et chantage sexuels », un professeur de l'École supérieure Roi Fahd de traduction de Tanger vient d'être condamné à une peine d'un an de prison ferme par le tribunal de première instance de Tanger.

  • Tétouan : une aide humanitaire pour sauver le jeune Bilal

    La famille du jeune Bilal, qui souffre d'une maladie aux pieds et aux mains et qui l'empêche de se déplacer, a cherché en vain de le faire soigner à Ceuta, avant la fermeture de la frontière avec le Maroc. Décidée à sauver son fils en Europe, elle lance un appel à l'aide.

  • Maroc : la quasi-totalité des enfants utilise chaque jour un smartphone

    Presque tous les enfants marocains utilisent quotidiennement un smartphone. Une addiction qui inquiète de plus en plus les parents, dépassés par l'évolution du numérique.

  • "Psst" : le harcèlement de rue omniprésent au Maroc ?

    Au Maroc, le harcèlement de rue est un phénomène sous-estimé qui prend de l'ampleur. Témoignage poignant d'une victime.

  • Bilal Kissy : une vie arrachée par des militaires algériens (vidéo)

    Parents, amis et proches se sont mobilisés en masse pour dire un dernier adieu à Bilal Kissy, vacancier français, abattu par des garde-côtes dans l'espace maritime algérien alors qu'il faisait du jet ski avec des amis. Les obsèques du Franco-marocain ont eu lieu vendredi dans le village de Bni Drar, près d'Oujda, au Maroc.

  • Les familles des Marocains détenus en Syrie et en Irak demandent leur rapatriement

    Les familles des Marocains ayant disparu du jour au lendemain pour ensuite devenir des combattants djihadistes détenus dans les camps en Syrie et en Irak, continuent de demander l'aide de l'État pour leur rapatriement.