Ils veulent juste se baigner, on les oblige à louer chaise et parasol

- 11h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

L’aggravation du phénomène de l’occupation du domaine public par des jeunes – dont certains sont au chômage – en période estivale gâche l’expérience des vacanciers et des touristes.

Fermeture des parkings gratuits prévus à proximité des entrées de plages et d’autres zones touristiques, imposition des tarifs arbitraires en échange du stationnement des voitures, imposition de la location de chaises et de parasols. Des pratiques totalement dépourvues de toute légitimité légale s’observent chaque année pendant la saison estivale. Au point de ruiner l’expérience des estivants et touristes. « Ce qui est déplorable, ce n’est plus la récurrence annuelle de ce phénomène, mais bien son aggravation flagrante d’année en année », a indiqué à Achkayen Bouazza Kharrati, président de la Fédération marocaine des droits du consommateur.

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Selon lui, la faiblesse des instances chargées du contrôle du secteur, en particulier le ministère en charge du secteur du tourisme et les conseils élus à l’échelle locale, est la principale raison de la récurrence de ce phénomène. « Les autorités locales n’interviennent pas de manière préventive avant le début de l’été pour protéger le domaine public contre son exploitation illégale, se contentant d’interventions durant le pic de la saison estivale, période à laquelle il est déjà trop tard, car tous les biens littoraux et leurs alentours sont déjà occupés », a-t-il souligné, notant que le consommateur, et plus précisément les salariés et petits fonctionnaires, sont devenus une vache à lait exposée à l’exploitation, à la cupidité et au monopole de la part de tous.

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Kharrati déplore : « Cette catégorie, dont les salaires mensuels sont extrêmement limités, subit de plein fouet la hausse vertigineuse des prix des carburants, des matières premières et des denrées alimentaires. Et lorsqu’elle souhaite aller à la plage, elle est confrontée à une série de pratiques prédatrices, du parking jusqu’au paiement obligatoire des chaises et des parasols ». Pour lui, il s’avère nécessaire de conférer un caractère sacré au domaine public, d’imposer des amendes sévères et de poursuivre en justice toute personne s’appropriant un bien public. « Le problème ne réside pas dans le volet législatif, qui souffre seulement de lacunes formelles, mais dans l’application effective des lois en vigueur, qui interdisent totalement toute exploitation du domaine public », a-t-il précisé.

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Il explique en outre que l’aggravation du phénomène de l’occupation du domaine public est liée à l’aggravation du taux de chômage. « Par conséquent, l’éradication de ce phénomène passe, outre l’aspect répressif, par la création d’opportunités de vie décente pour les jeunes chômeurs », a-t-il déduit, estimant qu’« il n’est pas admissible de résoudre le problème, gravissime, du chômage au détriment des droits du simple consommateur, déjà accablé par les prélèvements, les crédits bancaires et la cherté catastrophique de la vie, car ce n’est pas sa responsabilité ».

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