Le Maroc intensifie l’importation de blé français

8 novembre 2023 - 17h00 - Economie - Ecrit par : S.A

Le Maroc s’attend à recevoir une importante quantité de blé de la France. Le royaume a réceptionné 1 million de tonnes de la denrée en provenance de l’hexagone durant l’été.

La France prévoit d’expédier 4,3 millions de tonnes de blé tendre à destination de l’Algérie et du Maroc en 2023/2024, faisait savoir en septembre dernier Alexandre Marie, chef analyste pour Agritel (Argus Media France). L’hexagone a déjà exporté 1 million de tonnes vers le royaume l’été dernier à la suite de la grave sécheresse qui a frappé le pays en 2022. Dans une interview accordée à Reuters en octobre, Yann Lebeau, responsable de la région Maghreb au sein du groupement professionnel des exportateurs français de céréales Intercéréales a déclaré que le Maroc allait acheter 2,5 millions de tonnes de blé tendre, soit environ la moitié de ses besoins, à la France pour la saison se terminant en juin 2024. L’année dernière, le blé français a représenté 60 % des importations marocaines, soit 2,88 millions de tonnes.

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En septembre, l’Office marocain interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL) a fait savoir que le Maroc accordera des subventions pour importer jusqu’à 2 millions de tonnes de blé tendre entre le 1ᵉʳ octobre et le 31 décembre. Le programme d’importation pour la période octobre-décembre a été approuvé par les ministères marocains des Finances et de l’Agriculture, les détails des subventions devant être publiés séparément, a indiqué l’ONICL dans une note publiée sur son site web.

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En juin, l’Office avait mis en place un système de restitution à l’importation du blé tendre au profit des opérateurs. Ce système consiste en la mise en place d’une prime forfaitaire à régler par l’État en faveur des importateurs dans le cas où le prix de revient de sortie port est supérieur à 270 dirhams par quintal. Cette prime correspond à la différence entre le prix de revient moyen de sortie du port du mois et le tarif de 2,7 $/tonne. Dans ce sens, des subventions avaient permis l’acquisition d’un stock de 2,5 millions de tonnes de blé tendre sur le marché international entre juillet et septembre 2023. Les besoins d’importation du pays sont estimés à environ 5 millions de tonnes pour cette saison.

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Le Maroc est confronté à une 5ᵉ année consécutive de sécheresse. La production de blé est bien inférieure aux moyennes historiques. Selon le service agricole étranger du ministère américain de l’Agriculture, les estimations de récolte 2023 prévoyaient en juin que la production atteindrait 2,98 millions de tonnes pour le blé tendre et 1,18 million de tonnes pour le blé dur.

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