Maroc : la liberté d’expression mise à mal sur les réseaux sociaux

6 février 2020 - 23h30 - Maroc - Ecrit par : I.L

Les autorités marocaines ont interpellé depuis septembre 2019, près d’une dizaine d’activistes, artistes ou autres citoyens pour avoir vertement critiqué le gouvernement sur les réseaux sociaux. Une situation déplorable, dénoncée par deux ONG de défense de droits humains.

"Manque de respect dû au roi", "offense aux institutions de l’État", "outrage envers des fonctionnaires publics", sont entrés autres les griefs portés à l’encontre de ces jeunes, en détention pour la liberté d’expression, déplorent Human rights watch et l’Association marocaine des droits humains(AMDH), dans un communiqué conjoint.

Ces deux associations exigent par ailleurs leur libération immédiate et l’abandon des poursuites judiciaires contre eux. Elles soutiennent également qu’aucun des prévenus n’a été poursuivi en vertu du code de la presse et de l’édition, mais plutôt sur la base du droit pénal.

Au nombre de ces détenus, il y a le journaliste Omar Radi, qui risque jusqu’à un an de prison pour avoir critiqué un juge sur Twitter, et deux Youtubeurs condamnés à quatre et trois ans de prison "pour manque de respect au roi".

À ces deux détenus, s’ajoutent les cas de deux jeunes lycéens, condamnés à trois et quatre ans de prison pour avoir respectivement partagé sur Facebook les paroles d’une chanson controversée et pour avoir scandé dans un stade une chanson de rap qu’il avait écrite. À noter que la peine du lycéen compositeur a été réduite en appel, à huit mois.

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Droits et Justice - Human Rights Watch (HRW) - Liberté d’expression - Association Marocaine des Droits Humains (AMDH)

Aller plus loin

« Routini al yawmi » discuté au Parlement

La question liée à la régulation des contenus sur les réseaux sociaux était au cœur de la session des questions orales tenue lundi et au cours de laquelle, le ministre de la...

La violence s’empare des médias sociaux au Maroc

Au Maroc, une nouvelle forme de vidéos, bien loin de celles qui suscitaient rires et engouement des internautes, circulent actuellement sur les réseaux sociaux, surtout sur les...

Maroc : un projet de loi sur les réseaux sociaux

Au Maroc, un projet de loi régulant l’utilisation des réseaux sociaux a été déposé pour examen au parlement. Il a été présenté par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi,...

La liberté de presse mise à mal au Maroc

Le Maroc a été cité comme mauvais élève en matière de liberté de la presse, parmi les pays de la sous-région, lors de la 2ᵉ édition des Assises internationales du journalisme...

Ces articles devraient vous intéresser :

Sentiment d’insécurité au Maroc : un écart avec les statistiques officielles ?

Au Maroc, la criminalité sous toutes ses formes est maitrisée, assure le ministère de l’Intérieur dans un récent rapport.

Maroc : les chiffres alarmants sur la corruption des députés

Sur les 30 députés à la Chambre des représentants poursuivis ou condamnés pour des faits de corruption, de détournement de fonds publics ou d’abus de pouvoir, 16 proviennent de la majorité (RNI, PAM et l’Istiqlal). C’est le constat fait par Jeune Afrique.

Corruption : des élus locaux pris la main dans le sac

Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, tente d’en finir avec la corruption et la dilapidation de deniers publics. Dans son viseur, une trentaine de présidents de commune et de grand élus dont il a transféré les dossiers devant l’agent judiciaire...

Corruption au Maroc : des élus et entrepreneurs devant la justice

Au Maroc, plusieurs députés et élus locaux sont poursuivis devant la justice pour les infractions présumées de corruption et d’abus de pouvoir.

Maroc : Une vague de racisme contre les mariages mixtes ?

Des activistes marocains se sont insurgés ces derniers jours sur les réseaux sociaux contre le fait que de plus en plus de femmes marocaines se marient avec des personnes originaires des pays d’Afrique subsaharienne. Les défenseurs des droits humains...

La chanson « Enty » de Sâad Lamjarred devant la justice

Le compositeur Mohamed Rifai a assigné DJ Van en justice à cause de la chanson « Enty » interprétée par Saad Lamjarred en 2014.

Les cafés et restaurants menacés de poursuites judiciaires

Face au refus de nombreux propriétaires de cafés et restaurants de payer les droits d’auteur pour l’exploitation d’œuvres littéraires et artistiques, l’association professionnelle entend saisir la justice.

Maroc : ces sorciers et charlatans qui pullulent sur Tiktok

Des militants des droits humains et des acteurs de la société civile ont lancé une campagne contre les charlatans et les sorciers marocains devenus célèbres sur TikTok qui prétendent détenir des pouvoirs pour protéger contre le mauvais œil, augmenter...

Tarik Tissoudali condamné

Décidément, la semaine est décidément noire pour Tarik Tissoudali. Après s’être attiré les foudres de son club, La Gantoise, pour des critiques acerbes suite à la défaite contre le Standard, l’attaquant de 30 ans a été condamné vendredi par le tribunal...

Achraf Hakimi sort du silence et se défend

Achraf Hakimi s’est exprimé sur l’affaire de viol présumé dont il est accusé. Le latéral droit marocain du Paris Saint-Germain (PSG) continue de nier les faits survenus en février 2023.