Bordeaux : une Marocaine condamnée pour avoir refusé de scolariser ses enfants

16 octobre 2022 - 20h46 - France - Ecrit par : P. A

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné par défaut une Marocaine qui a refusé de scolariser ses enfants, malgré une mise en demeure, à trois mois de prison avec sursis et 950 euros d’amende.

Le tribunal était face à un cas de parent défaillant. La femme de 39 ans est accusée de « refus d’inscrire un enfant d’âge scolaire dans un établissement d’enseignement, malgré une mise en demeure » et de « manquement, sans motif légitime, à l’obligation scolaire par un responsable d’enfant, malgré un avertissement administratif ». Absente à l’audience, la mère de famille a été condamnée par défaut à trois mois de prison avec sursis et 950 euros d’amendes, rapporte Sud ouest.

L’académie de Bordeaux a adressé en octobre 2021 un courrier au procureur de la République sur la situation de deux des six enfants de cette famille installée à Pessac. L’un des petits garçons est déscolarisé et l’une de ses sœurs, inscrite au collège François-Mitterrand, a des comportements qui suscitent des questionnements. Elle porte le voile au collège, reste isolée, est très nerveuse, souvent absente et refuse de respecter les règles.

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La mesure d’assistance éducative que la justice a tentée de mettre en place « n’a pu aboutir, la famille étant en totale opposition, refermée sur elle-même », explique le procureur Julien Heuty, à l’audience. La mère a expliqué en juillet aux services sociaux que le petit garçon vit désormais au Maroc. « Aujourd’hui, cette famille a quitté Pessac », a affirmé Me Desmoulins, le représentant de l’administrateur ad hoc désigné pour les enfants.

Selon l’avocate, les enfants « seraient entre Perpignan et Marseille. Nous avons essayé d’entrer en contact avec eux, mais nous nous sommes confrontés à une espèce de néant. Je crains que nous arrivions trop tard, que les enfants auraient pu être placés plus tôt. Ils évoluent dans un environnement familial très particulier, une forme de radicalité. Avec les années, les verrous se sont multipliés ».

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