Une MRE devant la justice pour homicide sur ses filles

18 juin 2024 - 19h30 - France - Ecrit par : S.A

Une mère marocaine est jugée devant la cour d’assises du Lot-et-Garonne à Agen, pour le meurtre de ses filles handicapées disparues depuis 2016. Le jugement sera rendu jeudi.

Naïma Bel Allam, ex-comptable d’origine marocaine, est accusée d’homicides volontaires aggravés. D’après l’Institut spécialisé d’éducation pour polyhandicapés (Isep) de Tonneins (Lot-et-Garonne), qui les avaient accueilles en journée, ses deux filles de 12 et 13 ans, nées avec des malformations, sont portées disparues depuis le 7 décembre 2016. Cinq mois plus tard, la Direction enfance famille du conseil départemental avait signalé leur disparition, rapporte Le Parisien.

À lire :France : une Marocaine accusée du meurtre de son mari, elle nie

La MRE sera arrêtée, placée en garde à vue, poursuivie pour « délaissement de mineures » et incarcérée en septembre 2017. Sa mise en examen sera transformée en « homicides volontaires aggravés » en janvier 2018. Les enquêteurs venaient de découvrir une tache « brunâtre » au domicile de Nérac. Les fouilles entreprises pendant une semaine en février 2022 par une trentaine de militaires, gendarmes et plongeurs de la gendarmerie dans une zone boisée à quelques kilomètres du domicile familial n’ont pas été fructueuses. Naïma sera libérée en novembre 2021, mais elle ne s’est pas tirée complètement d’affaire.

À lire :Royaume-Uni : 45 ans pour un MRE jugé pour meurtre et tentative de meurtre

Les versions divergentes devant les enquêteurs au sujet de ses filles ramènent cette mère de famille abandonnée par son mari devant la justice. Elle a affirmé avoir confié ses filles à un couple de Marocains sur une aire d’autoroute en Espagne. Une version contredite par les enquêteurs. « Elle clame depuis sept ans son innocence. Elle dit depuis le début qu’elle n’a pas tué ses filles et qu’elles sont à l’abri », indique son avocate Sophie Grolleau. Elle ajoutera : « Elle brouille les pistes volontairement, elle veut les protéger des institutions françaises en qui elle a totalement perdu confiance ».

À lire :Accusé d’homicide en France, un MRE arrêté au Maroc

Le père des deux adolescentes tient à revoir ses filles disparues depuis 2016. Il s’est alors porté partie civile. « S’il y avait la moindre preuve de vie, mon client serait le plus heureux du monde, a déclaré son avocate Sylvie Brussiau. Cette preuve de vie, on ne l’a pas, même sept ans après le début de l’enquête. Il n’y croit plus et ce qu’il voudrait, c’est donner une sépulture digne à ses filles qui ont disparu. » La cour d’assises du Lot-et-Garonne rendra son verdict jeudi.

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : France - Droits et Justice - Homicide - Disparition

Aller plus loin

Drame familial à Liège : un Marocain jugé pour le meurtre de son fils

Mohammed Hassar, 70 ans, comparaît devant la cour d’assises de Liège pour le meurtre de son fils Bilal, 19 ans, et la tentative de meurtre sur son autre fils, Faïssal, 29 ans....

Cold cases : un retraité marocain mis en examen pour deux homicides en Isère

Arrêté à son domicile à Dijon par la gendarmerie pour les meurtres de Nathalie Boyer commis en 1988 et de Leila Afif en 2000, dans l’affaire des « disparus de l’Isère », le...

Maroc : un double homicide familial découvert une décennie plus tard

Arrêtée en 2012 à Martil pour le meurtre de son mari dont elle a jeté le corps dans un puits attenant à leur maison, une femme est accusée d’avoir également assassiné leur fils...

Un Marocain condamné à Tanger pour un meurtre commis en France il y a 23 ans

La chambre criminelle de première instance de Tanger a condamné un homme à 12 ans de prison pour le meurtre de son ami, commis en France en 2001. L’homme, alors âgé d’une...

Ces articles devraient vous intéresser :

Un enfant né d’un viol ouvre une brèche dans le droit marocain

Saisie par une jeune maman qui cherche à obtenir une indemnisation pour son fils issu d’un viol, la cour de cassation marocaine a rendu une décision qui va faire date.

Achraf Hakimi sort du silence et se défend

Achraf Hakimi s’est exprimé sur l’affaire de viol présumé dont il est accusé. Le latéral droit marocain du Paris Saint-Germain (PSG) continue de nier les faits survenus en février 2023.

Les cafés et restaurants menacés de poursuites judiciaires

Face au refus de nombreux propriétaires de cafés et restaurants de payer les droits d’auteur pour l’exploitation d’œuvres littéraires et artistiques, l’association professionnelle entend saisir la justice.

Naïma Samih : son fils en colère

Chems-Eddine Belkaid fils de la chanteuse marocaine défunte Naïma Samih, menace d’engager des poursuites judiciaires contre les organisateurs de concerts – hommage à sa mère sans son accord préalable.

Des Marocains célèbrent la fin des accords de pêche avec l’Europe

Sur Facebook, de nombreux internautes marocains et des spécialistes des relations maroco-européennes affichent leur satisfaction après la décision de la Cour de justice annulant les accords de pêche entre l’Union européenne (UE) et le Maroc.

Hassan Iquioussen vs Gérald Darmanin : la justice se prononce aujourd’hui

Le tribunal administratif de Paris examine l’arrêté d’expulsion de Hassan Iquioussen, pris par le ministère de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en juillet 2022. Cette audience déterminante permettra de statuer sur la possibilité de l’imam de revenir en...

Un MRE expulsé après 24 ans en France

Un ressortissant marocain de 46 ans, résidant en France depuis 24 ans, a été expulsé en février dernier, suscitant l’émoi et soulevant des questions quant à l’application de la loi Darmanin sur l’immigration.

Mohamed Ihattaren risque d’aller en prison

L’avocat de Mohamed Ihattaren, Hendriksen, confirme que le joueur d’origine marocaine est poursuivi en justice pour légère violence envers sa fiancée Yasmine Driouech en février dernier. La date de l’audience n’est pas encore connue.

Corruption : des élus locaux pris la main dans le sac

Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, tente d’en finir avec la corruption et la dilapidation de deniers publics. Dans son viseur, une trentaine de présidents de commune et de grand élus dont il a transféré les dossiers devant l’agent judiciaire...

Blanchiment d’argent : la justice marocaine frappe fort

Le Maroc a réalisé des avancées significatives dans sa lutte contre le blanchiment d’argent. C’est ce qui ressort du septième rapport annuel de la présidence du ministère public, publié le 6 mars 2024. Ce document officiel montre une évolution positive...