Ramadan au Maroc : manger en public, attention à la prison !

- 20h30 - Maroc - Ecrit par : S.A

Alors que le mois de ramadan commence le 11 mars, les Marocains peinent à s’accorder sur la question de manger en public pendant le jeûne. Un acte qui reste puni sévèrement par le Code pénal.

L’article 222 du Code pénal marocain criminalise la rupture du jeûne en public. Toute personne qui enfreint cette disposition s’expose à une peine de prison ferme de 1 à 6 mois, assortie d’une amende de 200 dirhams. Bon nombre de Marocains en ont fait les frais ces dernières années. Aux yeux de l’institut d’études politiques Deleuze, cela constitue une atteinte à la liberté individuelle garantie par la Constitution. Il réclame la suppression de cette disposition et approche oralement et par écrit des élus de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), du Parti du progrès et du socialisme (PPS), du Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) et du parti du Premier ministre Aziz Akhannouch, le Rassemblement national des indépendants (RNI), pour qu’ils lui prêtent main forte. Mais ceux-ci se sont, selon lui, murés dans le silence.

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L’Institut s’empare alors des réseaux sociaux et lance la campagne « manger n’est pas un crime » qui ne reçoit pas l’assentiment de tous. Les uns pour critiquer la démarche, les autres pour saluer l’initiative. L’activiste Azzedine Sarifi a accusé ceux qui appellent à la dépénalisation de vivre « en marge du peuple marocain » et de contribuer à la montée de l’Islam politique et de la pensée extrémiste. L’article criminalisant la rupture du jeûne pendant le Ramadan est une disposition « ridicule », estime pour sa part l’activiste Walid Al Najmi, ajoutant qu’il est « déraisonnable qu’une personne vivant dans un pays moderne soit punie pour avoir mangé pendant le Ramadan ».

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Selon les explications du directeur de l’Institut, il n’y a aucun texte coranique ou un hadith du Prophète Mohammad qui impose des sanctions à l’encontre de ceux qui n’observent pas le jeûne. Partant de ce postulat, il estime que les lois doivent protéger l’individu dans l’espace public et non le contraire. Il justifie par ailleurs son combat par le fait que la fermeture des restaurants et des lieux de loisirs pendant un mois entier impacte négativement l’économie marocaine, dont le tourisme constitue un segment important.

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