Or et bijoux : le Maroc achète plus, mais consomme moins
Alors que les importations marocaines d’or et de bijoux sont en hausse, le marché local stagne. Et, les perspectives ne sont pas heureuses.
Selon des données officielles figurant dans le rapport annuel de 2024, l’Administration des douanes et impôts indirects a enregistré une hausse des importations marocaines d’« or industriel » de 51 % entre 2023 et 2024. Une augmentation qui représente une valeur financière supplémentaire de 0,3 milliard de dirhams, atteignant 0,9 milliard de dirhams, contre 0,6 milliard fin 2023. Pendant ce temps, le marché local stagne. Et pour cause, « de nombreux membres de la diaspora marocaine préfèrent désormais acheter or et bijoux dans leur pays de résidence ou à l’étranger, plutôt que de stimuler le marché marocain », explique à Hespress Mohamed Mourchid, président de l’Association nationale des artisans et industriels des bijoux et de la joaillerie au Maroc.
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« Le Maroc n’est pas une exception, mais que la situation s’inscrit dans un contexte de crise mondiale marquée par une hausse continue des prix de l’or et une forte demande ces dernières années, considérée comme une valeur refuge en période de crises », a-t-il ajouté, précisant également que « la détérioration du pouvoir d’achat de la majorité des couches sociales au Maroc contribue à la situation actuelle ».
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S’agissant de la lutte contre le blanchiment d’argent, l’Administration des douanes a affirmé, dans son rapport sur l’exercice écoulé, « poursuivre ses activités sur le front de la lutte contre le blanchiment d’argent et les flux financiers illicites, en renforçant de manière continue sur le terrain les mécanismes de contrôle et de suivi ». « Parmi les opérations marquantes de 2024 figuraient : des sommes importantes, des lingots d’or et d’argent, des pierres précieuses, ainsi que des montres de luxe et des bijoux saisis par les services douaniers », indique le rapport, sans toutefois préciser le volume ni la valeur des lingots ou bijoux saisis par les douanes au Maroc.
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Pour Mourchid, il s’avère nécessaire de « soutenir les investisseurs et professionnels autorisés à importer de l’or certifié et garanti par la douane ». Il appelle également à « simplifier la réglementation et les procédures d’importation afin d’étouffer les activités des trafiquants de lingots et de bijoux (…) qui ont commencé à commercialiser des produits suspects ou falsifiés sur les réseaux sociaux ». Le professionnel a également soulevé « la nécessité de renforcer le contrôle sur la ‘licence d’exportation temporaire pour amélioration du travail inachevé’, délivrée par le ministère de l’Industrie et du Commerce sans suivi de son impact », la qualifiant de « licence de rente » qui contribue à la stagnation du marché et à la faiblesse de la demande.