Les charmeurs de serpents de Marrakech : tradition ou cruauté ?

- 20h50 - Maroc - Ecrit par : P. A

Les charmeurs de serpents, ou Aïssaoua, font partie intégrante de la culture marocaine. Mais leur activité sur la place Jemaa El-Fna à Marrakech, qui attire de nombreux touristes, inflige des souffrances aux serpents et a un impact négatif sur le tourisme durable.

Les serpents sont des animaux qui suscitent peur et inquiétude dans le monde. Mais pas pour les Aïssaoua, descendants de Sidi Mohamed Ben Aïssa, qui ont le pouvoir de les dompter. Sur la célèbre place Jemaa El-Fna à Marrakech, on voit ces charmeurs, accompagnés de sons de flûtes, provoquer le serpent jusqu’à le pousser à se mettre en position de défense, sous le regard émerveillé et les applaudissements des visiteurs.

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Ce faisant, les charmeurs démontrent leur pouvoir, leur « baraka », qui leur permet d’interagir avec différentes espèces de serpents comme la vipère heurtante (Bitis arietans), la couleuvre de Montpellier du Sahara (Malpolon monspessulanus saharatlanticus) et le cobra d’Afrique du Nord ou cobra noir du Maroc (Naja haje legionis). Mais cette activité des Aïssaoua attire autant les touristes qu’elle donne une image négative du Maroc en raison de la souffrance subie par ces reptiles généralement capturés dans les habitats désertiques du Bas Draâ (Tan Tan-Guelmim) et ensuite dépouillés de leurs crochets, sans anesthésie.

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Certains serpents finissent par mourir de cette opération, d’autres du fait de la déshydratation et de la nourriture inadaptée qui leur est ingurgitée de force, fait savoir The Conversation. À tout cela, s’ajoute le stress vécu par le reptile qui est contraint de maintenir une position de défense pendant des heures pour le « spectacle ». Interdite en Inde depuis 1972, car jugée cruelle, cette pratique continue au Maroc. Les charmeurs de serpent tiennent une place de choix dans le développement touristique de la place Jemaa El-Fna à Marrakech.

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