France : les discriminations ethno-raciales dans l’accès au logement social prennent de l’ampleur

- 08h40 - France - Ecrit par : S.A

En France, les discriminations ethno-raciales dans l’accès au logement social prennent de l’ampleur. C’est ce que révèle une enquête réalisée par deux chercheurs en économie sous l’égide de la Fondation Abbé Pierre.

Entre avril et mai 2022, une campagne de testing a été réalisée par les chercheurs en économie Sylvain Chareyron et Yannick L’Horty auprès 1 875 guichets d’enregistrement. Chaque guichet a reçu des courriels signés par deux candidates différentes – une origine française, l’autre une origine présumée d’Afrique de l’Ouest – qui souhaitaient déposer un dossier de demande de logement social et solliciter des informations sur les démarches à suivre. Les résultats de cette nouvelle enquête sont sans appel : les discriminations ethno-raciales n’existent pas que dans le parc privé, elles existent bel et bien dans le parc de logement social.

À lire : Persistance des discriminations envers les Maghrébins dans les universités françaises (PDF)

Près de la moitié des guichets n’apporte aucune réponse aux demandes. Pourtant, une loi (ALUR) votée en 2014 par le Parlement en 2014 instaure un droit à l’information et une équité de traitement du demandeur. Les chercheurs ont constaté que parmi ceux qui apportent des réponses, « plus d’un tiers ne répond qu’à une seule des deux candidates, le plus fréquemment à celle présumée d’origine française. » Par conséquent, « La candidate présumée d’origine africaine a ainsi une probabilité plus faible de 3,2 points de pourcentage de recevoir une réponse positive par rapport à la candidate présumée d’origine française. »

À lire :Bruxelles veut renforcer la lutte contre les discriminations au logement

Les chercheurs préciseront par ailleurs que « parmi les guichets qui apportent des réponses aux deux candidates, 23,5 % formulent des réponses différenciées à des demandes équivalentes : 65 orientent de façon différente les deux candidates, en défaveur de celle présumée d’origine africaine, 55 accompagnent plus la candidate présumée d’origine française, 6 ajoutent des informations démotivantes pour la candidate présumée d’origine africaine seulement. » et que seuls 24,2 % des guichets répondent positivement et de manière similaire aux demandes reçues.

  • Persistance des discriminations envers les Maghrébins dans les universités françaises (PDF)

    En France, les candidats maghrébins qui souhaitent faire un Master à l'université ont moins de chances que les autres de recevoir une réponse à leur courrier de demande d'information. C'est ce que révèle une enquête rendue publique par l'Observatoire national des discriminations et de l'égalité dans le supérieur (Ondes).

  • France : le port du voile, un frein majeur à l'emploi

    Une étude de l'Observatoire national des discriminations et de l'égalité dans le Supérieur (Ondes), parue cette semaine, met en évidence un obstacle majeur à l'emploi en France : le port du voile.

  • Des Marocains exclus du logement social à Bruxelles

    Environ 500 candidats-locataires de logement social ont été écartés de la liste d'attente à Bruxelles au moment du renouvellement des dossiers. La raison ? Ils étaient propriétaires d'un bien, a annoncé vendredi la secrétaire d'État bruxelloise du Logement, Nawal Ben Hamou (PS), lors d'une séance au Parlement bruxellois.

  • Montpellier : un sexagénaire marocain habite dans un local de moins de 9m²

    Un Marocain de 68 ans vit depuis plus de 12 ans dans un « local impropre à l'habitation » de moins de 9 m² à Montpellier. Le logement, d'une surface de 15 m² selon le bail, a été requalifié de « local impropre à l'habitation de moins de 9 m² » par les services d'hygiène qui ont constaté que sa surface réelle était de 8,6 m².

  • La Belgique traque les Marocains fraudeurs au logement social

    Grâce à une politique particulièrement offensive, le gouvernement flamand a réussi à mettre à nu plusieurs cas de fraude au logement social. Sur les 724 locataires visés par une enquête, 339 possédaient un ou plusieurs logements à l'étranger, notamment au Maroc.

  • Toulouse : enquête après le meurtre d'une Marocaine

    Une Marocaine de 38 ans a été étranglée par une « amie » jeudi dernier à Toulouse. La meurtrière présumée a été immédiatement placée en garde à vue. Une information judiciaire a été ouverte pour élucider l'affaire.

  • Abdel, menacé d'expulsion avec sa famille à Molenbeek

    Abdel Fattouche, père de famille de Molenbeek, est sous la menace d'expulsion de l'appartement qu'il loue à 600 euros, au terme de son préavis le 31 mars. Le Molenbeekois est dans l'urgence de trouver un logement abordable avant cette échéance, alors qu'il est en attente d'un logement social depuis 13 ans.

  • Eurovision 2023 : La Zarra réagit à la polémique sur ses absences à Amsterdam

    La chanteuse québécoise d'origine marocaine, La Zarra, candidate de la France pour l'Eurovision 2023, a réagi mercredi à la polémique qui a suivi ses deux absences à des spectacles à Amsterdam dans le cadre de la promotion de l'événement qui se déroulera du 9 au 13 mai à Liverpool.

  • En France, les Maghrébins discriminés en Master

    En France, les candidats maghrébins qui déposent leur dossier pour faire un Master à l'université ont 12 % moins de chance d'obtenir une réponse. C'est ce que révèle une première étude réalisée sur les possibles discriminations autour de l'accès aux Masters à l'université.

  • La Wallonie veut traquer les MRE fraudeurs au logement social

    Alors que la Wallonie compte marcher dans le sillage de la Flandre en organisant la traque des locataires sociaux – parmi eux des MRE – qui possèdent des biens à l'étranger, Bruxelles écarte cette option. Celle-ci estime que « ce serait socialement pénalisant. »