Bientôt une loi sur les prénoms amazighs ?

- 22h18 - Maroc - Ecrit par : L.A

Des députés socialistes devraient déposer une proposition de loi ayant pour but d’éviter les abus des fonctionnaires de l’état civil sur les prénoms amazighs. L’USFP, parti d’opposition, propose ainsi des amendements aux articles 20 et 21 de la loi n°37-99 relative à l’état civil, rapporte Libération.

A l’article 21 serait ajouté la phrase suivante : "L’officier de l’état civil ne peut refuser le prénom choisi par la personne faisant la déclaration de naissance en vue de l’inscription sur les registres de l’état civil tant que ce prénom n’est pas en contradiction avec le premier paragraphe de l’article", selon lequel le prénom choisi "doit présenter un caractère marocain et ne doit être ni un nom de famille ni un nom composé de plus de deux prénoms, ni un nom de ville, de village ou de tribu, comme il ne doit pas être de nature à porter atteinte aux bonnes mœurs ou à l’ordre public".

Dans l’article 20, qui concerne le nom de famille, serait supprimé le deuxième paragraphe qui annonce que "Si le nom de famille choisi est un nom de chérif, il en sera justifié par une attestation du Naquib des chorfas correspondant ou, à défaut de Naquib, par un acte adoulaire(Lafif)".

Depuis l’arrivée de Benkirane à la tête du gouvernement, le Réseau amazigh pour la citoyenneté "Azetta -Amazigh", a fait état de douze refus de prénoms amazighs au Maroc et à l’étranger.

En septembre dernier, Mohand Laenser, ministre de l’Intérieur, avait démenti l’interdiction de prénoms amazighs par son département. Il avait qualifié les refus dans certains consulats marocains en Europe d’exceptions, en raison de l’étrangeté où de la signification des prénoms choisis.

Une de nos sources avait contredit cela en nous affirmant que les bureaux d’Etat civil devaient consulter à chaque demande de prénom, "Al Kachaf", une base de données de prénoms autorisés par le ministère de l’Intérieur.

Le ministère de l’Intérieur dément depuis des années l’existence d’une liste de prénoms interdits établie par ses services. La subtilité est là puisqu’il s’agit officiellement d’une "liste de prénoms autorisés", établie en 1996 par Driss Basri, et annulée par Dahir en 2002. Sur le site du ministère dédiés aux consulats et ambassades, cette "Liste des prénoms approuvés par le Ministère de l’intérieur" est d’ailleurs mentionnée dans la procédure de déclaration de naissance.

• Voir les prénoms féminins autorisés au Maroc
• Voir les prénoms masculins autorisés au Maroc

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