Melilla : un entrepreneur condamné pour exploitation d’un mineur marocain

16 septembre 2021 - 11h20 - Espagne - Ecrit par : A.P

La police espagnole a arrêté le patron d’une entreprise spécialisée dans la livraison de nourriture et des produits d’entretien, pour des crimes présumés d’exploitation par le travail et de violation des droits d’un mineur marocain qui a perdu un doigt dans un accident du travail.

Le mineur marocain, en situation d’extrême vulnérabilité, a perdu un doigt en travaillant irrégulièrement pour l’entrepreneur, indique le porte-parole de la préfecture de police de Melilla, précisant que la victime percevait « un salaire de 10 euros par semaine, à raison de 10 heures par jour, du lundi au samedi et certains dimanches ».

Après deux mois de travail, sans aucun matériel de protection, le jeune homme a été victime d’un accident du travail qui a entraîné la perte d’un de ses doigts. Il a passé plus de six mois dans cette situation, avant de décider de chercher un autre emploi. C’est là qu’il a été contacté par un transporteur, client fidèle de son ancien patron, avec lequel il a conclu un contrat de travail, avec « les mêmes conditions de salaire et d’horaires » que son précédent emploi. Ainsi, le mineur, qui manquait de moyens de subsistance, a accepté de travailler au chargement et au déchargement des marchandises, a ajouté le porte-parole de la police.

À lire : Melilla : pour 20 euros, des Marocains exploités 11 heures par jour

Le nouveau patron du mineur a été interpellé par la police après que ce dernier a porté plainte contre lui. « Par crainte d’éventuelles conséquences juridiques, il a fait pression sur le mineur pour qu’il signale aux agents de santé et à la police qu’il a perdu son doigt alors qu’il tentait de monter dans un camion pour se rendre en bateau en Espagne. Il a promis de verser une grosse somme d’argent à la victime s’il acceptait, ce qu’il n’a jamais fait », fait part la même source, soulignant que quelques jours plus tard, que l’accusé «   a intercepté la victime dans la rue, exigeant sous des menaces qu’il retire sa plainte à son encontre ».

Le tribunal de première instance de Melilla a repris l’enquête, sur la base du rapport de police produit par l’Ucrif, l’unité de lutte contre l’immigration clandestine et les faux papiers dans la ville autonome.

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