Notre gouvernement, cette risée

- 11h08 - Maroc - Ecrit par :

Cela fait neuf mois que le gouvernement Benkirane s’est vu nommé par le roi. Neuf mois durant lesquels la scène politique a connu maintes péripéties puisant dans la confusion, le délire, voire dans le ridicule. Neuf mois où l’on introduisait chaque discours politique par une ode à l’exception marocaine, à sa présumée stabilité économique en comparaison avec la Grèce ou l’Espagne. Neuf mois où nos tympans ont mémorisé les louanges à l’égard de la monarchie et sa volonté sincère de réforme.

Notre cher gouvernement, porteur de slogans bien forts et puissants dans les vents du printemps arabe, a dû se retrancher face à son premier chantier : les cahiers des charges des médias publics. Un échec cuisant pour un ministre de communication calmé aussitôt par "la volonté royale". Cette défaite honteuse a été diluée dans plusieurs déclarations et mesures qui ne cessent de nous étonner. Lesdits cahiers sont encore en phase de gestation … Si l’on a besoin de plus de neuf mois pour adopter de simples cahiers des charges, que dira-t-on du reste ?

À ce rythme, les 19 lois organiques devant accompagner la nouvelle constitution ne verront le jour que dans une éternité. La nouvelle constitution consacre le pouvoir royal et verrouille les marges de liberté, mais grâce à Benkirane et à son dévouement aveugle pour le trône alaouite, les prérogatives du chef du gouvernement consacrées par la constitution sont aisément bafouées et dépassées. Le dernier épisode est celui de l’ordre royal d’enclencher une enquête portant sur les comportements frauduleux de la gendarmerie aux frontières. Sans que le chef du gouvernement ne soit avisé. Confiance dans "la bonne volonté" royale nous affirme-t-on. Sommes-nous dans un conte de fées ou dans un état balbutiant sur les voies de la réforme ?

Jetons un regard sur les réformes entreprises par notre gouvernement : une publication des listes des agréments de transport effectuée par Rabbah sous l’emblème de la transparence. Un acte qui s’est mué en diffamation puisqu’il n’a été suivi d’aucune réforme sérieuse du secteur rentier. Une promesse de publier la liste des agréments de l’exploitation des carrières de sable : aucun résultat jusqu’à l’instant. Des "vœux" de taxation des riches qui se sont changés en une élévation des prix des carburants et de facto les coûts de transport pour les quidams que nous sommes, autrement on aurait "effrayé" les investisseurs nous confirme Benkirane.

Ajoutez à cela une volonté de finir avec la gratuité de l’enseignement supérieur, une des découvertes de Lahcen Daoudi pour sauver les caisses de l’état et améliorer la qualité de l’enseignement marocain. Enseignement qui figure dans les derniers rangs mondiaux. Durant ce temps-là, notre autre ministre de l’éducation, s’amuse à lancer des déclarations du genre : "Même Obama n’a pas ce genre d’établissement éducatif…" et autres hérésies qui sont à des années lumières de ce qu’un responsable d’état devrait refléter.

Notre ministre de la justice est en train de chercher ce qu’est un détenu politique et de mener des discussions rocambolesques pour réformer notre dame justice. Souhaitons-lui bonne chance dans son treizième travail d’Hercule. Cerise sur le gâteau, une manifestation de la jeunesse du PJD a été interdite à la dernière minute à Tanger, un événement où le chef du gouvernement devait donner un discours. Félicitations à toutes et à tous, notre gouvernement est une risée.

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