Appie el Massaoudi : le parcours d’un « petit délinquant » devenu entrepreneur à succès

- 12h31 - Monde - Ecrit par : G.A

Lorsqu’il déambulait dans le Schilderswijk à La Haye (Pays-Bas), le Marocain Appie el Massaoudi était loin de s’imaginer que quelques années plus tard, il deviendrait un entrepreneur à succès, sollicité par tous, même par les plus grandes personnalités du pays.

Âgé aujourd’hui de 33 ans, Appie el Massaoudi est venu du Maroc avec ses parents, alors qu’il n’avait que 12 ans. Fils d’un ouvrier ayant 7 enfants, la vie n’a pas été facile pour le jeune qui est passé par de nombreuses expériences difficiles avant de reprendre sa vie en main, décidé à avoir un destin bien plus éclatant que celui de ses parents.

À lire :Pays-Bas : la Marocaine Kauthar Bouchallikht, première femme voilée au parlement

Aujourd’hui, Appie el Massaoudi est devenu un entrepreneur à succès et serait même très proche de Mark Rutte, Premier ministre des Pays-Bas. Le garçon déambulant dans les rues est devenu l’une des personnalités les plus importantes du marché de La Haye, le plus grand des Pays-Bas. Avec ses employés, ils font en sorte de le garder propre pour le compte de la municipalité.

À lire :Californie : un chef marocain offre des repas gratuits aux SDF et le personnel soignant

En plus de ses obligations dans le marché de La Haye, Appie el Massaoudi loue des tables pliantes aux entrepreneurs et distribue annuellement des colis alimentaires aux clients de la banque alimentaire, en collaboration avec d’autres entrepreneurs. Il est sollicité par tous, qu’ils soient journalistes, politiciens ou entrepreneurs. « J’ai toujours eu un faible pour les marchés. Quand je vivais au Maroc, j’allais toujours au marché avec ma grand-mère. Une fois, je lui ai demandé quelques dirhams pour acheter de la limonade. Mais au lieu de la limonade, j’ai acheté des sacs en plastique que j’ai revendus aux visiteurs et aux vendeurs sur place. Ma grand-mère m’a attendu plus de deux heures. Mais, j’avais gagné 40 dirhams avec ces sacs », raconte El Massaoudi dans De Ondernemer.

À lire :Najat Kaanache : parcours d’un chef-cuisinier

Son premier emploi était avec Willem van der Zand à La Haye. « Il m’a beaucoup appris et façonné. Willem était dur et émotif. J’ai appris de lui ce qu’est le travail. » El Massaoudi confie qu’il partait travailler à cinq heures et demie du matin, avant d’aller à l’école et ensuite il revenait travailler au marché dans l’après-midi. Aujourd’hui, il pense que tous ces sacrifices ont payé. « Maintenant, je peux acheter tout ce que je veux. Je rattrape un peu tout ce que j’avais manqué ces années-là », dit-il.

À lire :Yacine Benarbia : un entrepreneur à mille facettes

Toutefois, il sait qu’il est passé à côté de la vie de cadre bardé de diplômes que ses parents voulaient pour lui. « Le statut était très important à cette époque et travailler sur le marché était très mal vu ». Sa passion pour le marché faisait l’objet de disputes avec ses parents. Mais il a poursuivi sa voie, confiant qu’au bout se trouvait ce dont il avait toujours rêvé. « Qui suis-je, ai-je souvent pensé. Suis-je un Marocain ou ce Néerlandais ? . C’était toute une recherche. Je n’arrivais pas à trouver une bonne réponse ».

À lire :Abderrahim Naji, Marocain entrepreneur immigré de l’année en Italie

El Massaoudi se rappelle comment les disputes avec ses parents ont complètement changé sa vie, le forçant à faire des choix qui ont eu de nombreuses conséquences difficiles. « Je cherchais de l’attention, je pense. Si vous n’obtenez pas cela à la maison, vous sortez pour le chercher. Je ne blâme pas mes parents, au fait, parce qu’ils ne savaient pas mieux ». La dureté de la vie dans la rue lui fera commettre des erreurs. Pour une bagarre, il a été incarcéré durant 30 jours. « Cela m’a en fait sauvé. Je me suis rendu compte que je n’étais pas fait pour cet endroit. J’ai pleuré tous les jours. C’était un moment très dur de ma vie ».

À lire :Pays-Bas : un Marocain à la tête du district de police du Flevoland

C’est la raison pour laquelle, El Massaoudi entend aider d’autres jeunes à ne pas commettre les mêmes erreurs que lui. « Parce que j’ai remarqué que ces garçons n’étaient pas compris. Il y a souvent tellement de tristesse, mais ils ne peuvent pas l’exprimer ».

À lire :Selma Omari déplore le manque de solidarité des Marocains des Pays-Bas

Débordant d’énergie et de motivations, l’entrepreneur marocain possède désormais des locaux commerciaux à proximité du marché. Il possède également plusieurs véhicules et emploie des dizaines de jeunes. « Nous recevons maintenant beaucoup de commandes, même de Rotterdam et nous nous nous sommes forgé une solide réputation au cours des huit dernières années », a-t-il déclaré, fier de ce qu’il a pu accomplir.

  • Pays-Bas : Asma Bennejma reçoit de l'aide pour aider les plus démunis

    Asma Bennejma est une mère de deux enfants qui se soucie de la situation difficile des personnes qui l'entourent. Dans sa maison située à La Haye, la plus grande place est réservée à des dons de vivres destinés aux plus pauvres. Aujourd'hui grâce à un généreux donateur, le Marocaine dispose de bien plus d'espace pour son stock.

  • La paix et l'amour au cœur de la dernière exposition de Mous Lamrabat

    Le photographe belgo-marocain Mous Lamrabat appelle à la paix et à l'amour dans sa dernière exposition intitulée Blessings from Mousganistan qu'il présente jusqu'au 16 octobre 2022 à Amsterdam, aux Pays-Bas.

  • Ibrahim Ouassari, un MRE devenu un as du digital à Molenbeek

    Sans background académique, Ibrahim Ouassari, un Marocain de 43 ans, a réussi à se frayer un chemin dans le digital. Co-fondateur de MolenGeek, marque présente dans huit villes européennes (en Belgique, aux Pays-Bas et en Italie) et depuis peu, en Afrique, à Casablanca, il rêve d'une école avec un espace de coworking, avec un Starbucks.

  • Selma Omari déplore le manque de solidarité des Marocains des Pays-Bas

    Première grande star d'origine marocaine des réseaux sociaux aux Pays-Bas, Selma Omari a plus d'un demi-million d'abonnés sur Instagram et 125 000 sur YouTube, elle confie dans un documentaire qui lui est consacré, son combat contre les critiques venant souvent de la communauté marocaine basée aux Pays-Bas.

  • Ce Marocain raconte comment il est devenu multimillionnaire (vidéo)

    Chahid Charrak s'est récemment fait une place sur les réseaux sociaux. Le jeune entrepreneur aime y montrer sa belle villa, ses quatre bambins et surtout sa magnifique Lamborghini couleur or. Le Marocain est devenu multimillionnaire en peu de temps en vendant du carrelage aux Pays-Bas.

  • 50 ans après, une Britannique retrouve sa fille emmenée au Maroc par son père

    Une femme a retrouvé sa mère au Royaume-Uni cinquante ans après avoir été emmenée au Maroc par son père, où elle a été élevée par sa tante. Des retrouvailles pleines d'émotion.

  • Pays-Bas : le licenciement de Fatima Aboulouafa de la police est justifié, selon la justice

    Le tribunal de La Haye estime que le licenciement il y a deux ans, de la commissaire de police de Leiden, Fatima Aboulouafa, était justifié, affirmant que la Marocaine avait instauré un climat de méfiance et de suspicion.

  • Mohammed Ihattaren revient sur sa descente aux enfers

    Qu'était-il arrivé à Mohammed Ihattaren il y a quelques mois ? Pourquoi le joueur âgé de 20 ans laissait croire à une retraite anticipée en disparaissant durant plusieurs semaines ? Malgré son retour pour faire taire les rumeurs sur sa retraite, des doutes persistent toujours sur sa santé physique et mentale et sa capacité à retrouver tout son équilibre. L'ancien joueur de l'Ajax est sorti du silence et s'est confié sur sa traversée du désert.

  • Pays-Bas : la villa du joueur marocain Mimoun Mahi est à vendre

    L'international marocain Mimoun Mahi (deux sélections) a mis en vente sa villa achetée il y a moins de deux ans aux Pays-Bas. Pour l'attaquant du FC Utrecht, il devient urgent de trouver une maison bien plus grande pour le confort de sa femme Daisy Vlasman-Mahi et de ses enfants.

  • L'incident qui a failli coûter la carrière à Bilal Wahib

    Discrédité après un direct sur les réseaux sociaux, l'artiste d'origine marocaine Bilal Wahib a failli sombrer dans la dépression. Il se remet peu à peu de cet incident qui s'est produit en mars 2021.