Affaire Hedi : le policier libéré, la victime dénonce «  une injustice  »

3 septembre 2023 - 12h00 - France - Ecrit par : A.P

Hedi, le jeune homme de 22 ans qui a été gravement blessé à la tête par un tir de LBD fin juillet à Marseille en marge d’émeutes, désapprouve la remise en liberté du policier auteur du tir, dénonçant « une injustice ».

Le policier auteur du tir de LBD a été libéré vendredi, après 40 jours de détention provisoire, et placé sous « contrôle judiciaire » avec interdiction d’exercer sa profession. Hedi s’est dit « très déçu » par cette décision. Le jeune homme dénonce « une forme d’injustice ». « Je me dis qu’on lui donne l’occasion de sortir, alors qu’il a avoué après tellement de mensonges […] Ce n’est pas honnête », a-t-il fustigé samedi dans une déclaration à BFMTV rapportée par Le Parisien.

« Je ne suis pas juge et j’imagine qu’ils avaient une bonne raison de prendre cette décision même si pour le moment je ne la vois pas », a-t-il ajouté, maintenant sa version des faits et accusant le policier de l’avoir visé sans raison alors qu’il ne participait pas aux émeutes. « Je pense que c’est une excuse […] On ne peut pas avoir peur de moi, je suis gentil, je n’ai fait aucun geste menaçant, je n’ai rien jeté », a-t-il assuré.

À lire : Affaire Hedi : le policier reste en prison

Le jeune homme accuse aussi trois autres policiers de l’avoir violemment agressé, soulignant que les enquêteurs pourront en avoir la preuve en visionnant les caméras de vidéosurveillance de la zone. Hedi rassure quant à son état de santé : « Mon neurochirurgien pense que ça va […] il a pu programmer la prochaine opération qui sera le fait de remettre mon volet (la partie manquante de son crâne) », a-t-il expliqué, déplorant l’absence de soutien de l’État.

Pour l’avocat du policier mis en cause, ce dernier « n’a jamais voulu le (Hedi) blesser grièvement ». Me Pierre Gassend assure que « l’engagement du tir de LBD a été fait de manière opportune et dans un cadre réglementaire », ajoutant qu’avec la capuche que portait le jeune homme cette nuit « dans un secteur où viennent de se commettre des pillages », le policier a pu « légitimement penser que vous avez une attitude suspecte » et qu’il n’est pas établi que le tir de LBD est à l’origine de la blessure de Hedi.

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : France - Droits et Justice - Marseille - Bavure policière

Aller plus loin

Abdelkarim et Mohamed, victimes de violences policières à Marseille

Blessé grièvement à l’œil lors des émeutes qui ont eu lieu à Marseille (Bouches-du-Rhône) à la suite de la mort de Nahel, adolescent de 17 ans, tué par la police fin juin,...

Affaire Hedi : le policier reste en prison

La chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence a prononcé, jeudi 3 août, le maintien en détention provisoire du policier de la brigade anticriminalité (BAC),...

Marseille : la mort troublante de Mohamed B.

Mohamed B., un livreur Uber, a été tué dans la nuit de samedi à dimanche lors des émeutes dans le centre de Marseille. Sa famille demande l’ouverture d’une enquête pour élucider...

Jalil, 15 ans, éborgné par la police : « Ça a touché le cerveau » (vidéo)

Jalil, 15 ans, a été éborgné par des policiers à Chilly-Mazarin, en Essonne, dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 juillet où des casses ont été enregistrées en réaction à la mort de Nahel,...

Ces articles devraient vous intéresser :

Vers une révolution des droits des femmes au Maroc ?

Le gouvernement marocain s’apprête à modifier le Code de la famille ou Moudawana pour promouvoir une égalité entre l’homme et la femme et davantage garantir les droits des femmes et des enfants.

Les avocats marocains passent à la caisse

Les avocats marocains doivent désormais s’acquitter d’une avance sur l’impôt sur le revenu ou sur les sociétés au titre de l’exercice en cours auprès du secrétaire–greffier à la caisse du tribunal pour le compte receveur de l’administration fiscale....

Affaire "Hamza Mon Bébé" : Dounia Batma présente de nouvelles preuves

La chanteuse marocaine Dounia Batma confie avoir présenté de nouveaux documents à la justice susceptibles de changer le verdict en sa faveur.

Maroc : plus de droits pour les mères divorcées ?

Au Maroc, la mère divorcée, qui obtient généralement la garde de l’enfant, n’en a pas la tutelle qui revient de droit au père. Les défenseurs des droits des femmes appellent à une réforme du Code de la famille pour corriger ce qu’ils qualifient...

Maroc : les crimes financiers ont baissé de 47% en 2021

La lutte contre les crimes financiers et économiques au Maroc porte peu à peu ses fruits. En 2021, les affaires liées à ces délits ont fortement régressé de 47,30%, selon le rapport annuel de la présidence du parquet.

Au Maroc, le mariage des mineures persiste malgré la loi

Le mariage des mineures prend des proportions alarmantes au Maroc. En 2021, 19 000 cas ont été enregistrés, contre 12 000 l’année précédente.

Carte du Maroc sans le Sahara : l’ONCF annonce des poursuites judiciaires

L’Office national des chemins de fer (ONCF) aurait publié sur l’une de ses affiches une carte incomplète du Maroc, suscitant la colère des internautes marocains. L’Office vient de démentir l’information et envisage de poursuivre les auteurs de cette...

La justice confirme l’amende de 2,5 milliards de dirhams contre Maroc Telecom

Le recours de Maroc Telecomcontre la liquidation de l’astreinte imposée par l’agence nationale de régulation des télécommunications (ANRT), a été rejeté par la cour d’appel de Rabat.

Maroc : un ministre veut des toilettes pour femmes dans les tribunaux

Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, s’est indigné face à l’absence de toilettes pour les femmes dans les tribunaux, ce qui selon lui constitue un « véritable problème » pour les détenues.

Maroc : utilisation frauduleuse de l’autorisation de polygamie

Le premier président de la Cour de cassation et président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), Mohamed Abdennabaoui, a mis en garde les présidents des tribunaux contre l’utilisation frauduleuse de l’autorisation de polygamie.