Hôtel clandestin : des élus marocains bientôt sanctionnés ?

- 14h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Déférant aux instructions du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, les autorités ont procédé, samedi dernier, à la fermeture d’un centre d’accueil et de formation transformé en hôtel privé. Les élus du Rassemblement national des indépendants (RNI) et du Parti authenticité et modernité (PAM) et responsables sont impliqués dans cette affaire.

Le centre d’accueil et de formation de Sidi Kacem n’est plus fonctionnel. Ce centre a été fermé samedi dernier, après une visite d’une commission mixte. À l’origine de cette fermeture, la transformation illégale de ce site à vocation socio-culturelle, financé sur fonds publics, en un hôtel privé accueillant notamment des soirées artistiques, animées par des cheikhates, fait savoir Al Akhbar. Cet hôtel a fonctionné pendant 30 mois sans la moindre autorisation. Le président du conseil communal, Abdelilah Ou Issa (RNI), est soupçonné d’avoir accordé une autorisation sans l’aval de l’Agence urbaine, ni des autres instances concernées, indique le rapport du Conseil régional des comptes de Rabat-Salé-Kénitra.

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L’enquête a permis de découvrir que le site, exploité par la société Banassa Center, appartenant à un haut responsable du PAM, propose des services d’hébergement, de restauration et d’accueil sans le moindre agrément administratif, en violation flagrante des normes d’hygiène et de sécurité. Les infractions relevées par la commission de contrôle sont multiples et variées : un stockage de denrées périmées, la présence de produits contaminés par des insectes, la prolifération d’insectes nuisibles dans les cuisines, et une utilisation anarchique de produits insecticides. Sans oublier des manquements graves, tels que l’absence d’affichage clair des services proposés, un stockage inapproprié de produits de nettoyage et d’aliments, et des poubelles mal placées dans l’espace de préparation des jus.

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Des élus locaux du RNI et du PAM seraient derrière ce détournement. Le propriétaire serait allé jusqu’à menacer le gouverneur de réclamer un dédommagement de 5 millions de dirhams si l’établissement venait à être fermé.

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En parallèle à la fermeture du centre d’accueil et de formation de Sidi Kacem, le procureur général du roi, près la Cour d’appel de Rabat, devrait se prononcer prochainement sur d’éventuelles poursuites, la Brigade nationale de la police judiciaire ayant achevé ses investigations sur les graves irrégularités financières et administratives entourant le détournement de ce projet social. S’appuyant sur le rapport détaillé du Conseil régional des comptes, document qui cite explicitement les noms de responsables et d’élus accusés d’abus de pouvoir et de détournement de fonds publics, le procureur général près la Cour des comptes a saisi le parquet.

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Pour rappel, le conseil provincial de Sidi Kacem avait réalisé le centre d’accueil et de formation de Sidi dans le cadre d’une convention signée en décembre 2016 avec le wali de la région Rabat-Salé-Kénitra, le gouverneur de Sidi Kacem, le président du conseil régional et les représentants du ministère de la Solidarité.

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