Sahara à l’ONU : la très décisive intervention du Roi Mohammed VI
Nasser Bourita, le ministre marocain des Affaires étrangères, a affirmé que la victoire diplomatique du Maroc sur la question du Sahara a été obtenue grâce au leadership du roi Mohammed VI qui a mené « plusieurs contacts directs » avant le vote de la résolution du Conseil de sécurité, ce qui a permis de « faire pencher la balance en faveur du Maroc ».
Le Souverain a initié ces échanges « cinq ou six jours avant » la session du Conseil de sécurité, a confié Bourita dans un entretien accordé à 2M samedi, précisant que « le Roi a toujours défendu une diplomatie du sérieux et de l’action, et non des discours ». « En 2015, il s’est rendu en Chine, puis en Russie en 2016… Ces liens, c’est aujourd’hui qu’ils portent leurs fruits. »
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Le chef de la diplomatie marocaine a révélé que l’obtention de 11 voix favorables à la résolution « n’a pas été chose aisée », soulignant que le roi Mohammed VI a travaillé avec la France et d’autres partenaires clés pour parvenir à ce résultat. Le monarque leur a rappelé que la question du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc perçoit le monde. « Les États ont compris qu’il n’est plus possible de rester dans l’ambiguïté ou la neutralité : l’heure de vérité a sonné avec le Maroc », a-t-il expliqué. Il a aussi insisté sur le fait que le Maroc d’aujourd’hui « agit avec confiance et fermeté quand il s’agit de ses intérêts essentiels, et ne tolère plus l’erreur ».
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Nasser Bourita a en outre fait observer que le vote de cette résolution n’était pas gagné d’avance, au regard de la composition actuelle du Conseil de sécurité. « L’Algérie, partie prenante du conflit, siège au Conseil — ce qui n’arrive qu’une fois en vingt ans », a-t-il déclaré, ajoutant qu’en plus de l’Algérie, le Conseil actuel comprend « des membres moins proches comme la Slovénie, la Grèce, le Danemark, le Pakistan ou le Guyana ». Et de révéler : « Les 11 voix favorables, le Roi les a gagnées une à une. Il est intervenu personnellement jusqu’à l’obtention de neuf voix décisives, au terme de cinq à six jours d’échanges directs avec des dirigeants étrangers ».
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« Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France sont désormais les piliers du passage à l’étape suivante. La Sierra Leone est un allié constant, et le retrait par le Panama de sa reconnaissance du Polisario a aussi joué un rôle », a en outre indiqué le ministre marocain, développant que « quand nous avons atteint neuf voix, les dixième et onzième ont suivi naturellement. » Concernant les abstentions de la Chine et de la Russie, il a expliqué que ces deux pays « ont des frictions permanentes avec les États-Unis, rédacteur du projet de résolution », précisant toutefois que « si la Russie s’est abstenue, c’est pour le Roi et pour le Maroc. »
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Selon lui, le Maroc « a adopté une position équilibrée dans le conflit en Ukraine, que Moscou n’a pas oubliée. » Bourita se dit confiant quant à la prochaine composition du Conseil de sécurité. « En 2026, entreront le Bahreïn, le Liberia et la République démocratique du Congo — des alliés du Maroc », s’est-il réjoui, avant de conclure : « L’essentiel est là : une résolution adoptée sans veto, sans opposition, et consacrant la justesse du positionnement du Maroc sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI ».