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Maroc : cri de détresse des transporteurs touristiques au bord du chaos

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5 avril 2021 - 08h00 - Economie - Par: J.D

Au Maroc, les transporteurs touristiques n’en peuvent plus de supporter les revers imposés par la crise du coronavirus à leurs activités contraintes aux arrêts depuis plus d’un an et dont la reprise ne pointe pas à l’horizon. Par la voix de leur fédération, ils alertent sur cette situation qui occasionne des impayés, des saisies de biens et des poursuites judiciaires et proposent des mesures pour éviter l’hécatombe dans le secteur.

Donnant l’alerte, le secrétaire général de la Fédération nationale du transport touristique au Maroc (FNTT Maroc) a indiqué que le secteur sombre dans l’agonie et la situation des entreprises du transport touristique s’aggrave de jour en jour alors qu’aucun signe n’augure de la reprise très prochaine des activités.

«  En l’absence d’une réaction de la part du gouvernement, les choses risquent d’empirer  », indique Mohamed Bamansour qui alerte sur la faillite de 10 % des entrepreneurs du secteur où interviennent 1640 agences. À côté de ces quelques milliers qui opéraient avant la crise, 160 nouvelles structures ont reçu en 2020 leur agrément mais n’ont jamais pu démarrer les activités et sont fortement endettés, fait-il remarquer avec amertume.

Le secrétaire général de la FNTT Maroc signale toutefois que la majorité des professionnels continueront à subir les répercussions de cette crise 36 mois après le retour à la normale.

L’autre question qui préoccupe les professionnels du transport touristique est liée au financement. Et à ce sujet, M. Bamansour affirme que les 79 % des structures financées par les sociétés de financement n’ont pu tenir leurs engagements et sont en conséquence, harcelés par les institutions d’appuis financiers malgré le moratoire concernant le remboursement des crédits au profit des entreprises de transport touristique qui ploient sous le coup de la dette. La clause 7 du contrat programme stipule que les reports sont activés sans intérêts et sans pénalités, détaille-t-il ajoutant en outre que la fédération a reçu les réclamations de pas moins de 300 entreprises pour plus de 1400 dossiers d’emprunt.

« Le rejet de certaines demandes de report, le recours à des taux d’intérêts exorbitants pour les dossiers acceptés, menace de saisie des véhicules… Pour certains opérateurs, des poursuites judiciaires sont enclenchées par les banques et sociétés de financement pour des impayés durant cette pandémie », détaille par ailleurs Bamansour.

Face à la situation, la FNTT Maroc sollicite un arbitrage de la part de Bank Al Maghrib suite à l’échec des différentes négociations avec la GPBM et l’APSF. Au-delà de cet arbitrage, la fédération des actions urgentes pour préserver le secteur, protéger les intérêts des investisseurs et soutenir les milliers d’employés et de leurs familles.

Elle propose concrètement, un report de remboursement des crédits avec un taux unique et solidaire garantit par la CCG à l’instar des crédits « Damane Oxygène » et « Relance » qu’elle estime inadaptés à la nature de l’activité. La fédération propose également le maintien de l’indemnité forfaitaire mensuelle Covid jusqu’à la fin de la pandémie. Bamansour et ses confrères recommande aussi d’étendre l’indemnité Covid aux employés exerçant de manière saisonnière ou ayant perdu leurs emplois avant février 2020.

Parlant d’impôts, les transporteurs touristiques souhaitent la suspension de tout prélèvement ou paiement des arriérés d’impôt ou charges fiscales durant la période de l’état d’urgence sanitaire.

Mots clés: Coronavirus au Maroc (Covid-19) , Transport en commun , Tourisme , Ministère de l’Economie et des Finances , Ministère de l’Equipement et du Transport , Ministère du Tourisme

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